LIV. III. CH. 1. LA MAJORITÉ DANS LES ÉTATS PASSE À MAYENNE
le mépris. On trouve les actes de tous les partis empreints de ces sentiments. Les Politiques et Les ligueurs français de Paris, accrus chaque jour de nombre, attaquèrent publiquement les Seize, et se préparèrent à combattre toutes les usurpations de la couronne, de quel côté qu’elles vinssent. Les États de la Ligue, ri jour par Jour des événements et des suites 4 siége de Noyon, à cause de la proximité de cette ville de Paris, changèrent d’attitude et de conduite. Les députés du Tiers-État étaient arrivés avec la disposition de servir le roi catholique, et ils l’avaient prouvé par l'exclusion donnée aux deux nouvelles chambres que Mayenne avait créées; par leur résistance si longtemps prolongée dans l'affaire de la Conférence. Maintenant ils trouvaient qu’il n’y avait rien à gagner avec Philippe, et qu'il y avait tout à craindre, puisque, après la diminution d’abord et ensuite la dispersion de son armée, il s'agissait pour eux de se déclarer à la fois les adversaires du roi et les ennemis de Mayenne. Dès lors ils passèrent à Mayenne et à son part, 1ls le prirent pour chef et pour guide, ils le consultèrent dans toutes les questions avant de rien décider. Au Tiers-État se joignait la noblesse, qui, dès le principe, s’était prononcée pour le lieutenant-général. Philippe IT ne conservait donc plus dans les États que la Chambre du clergé, dont il fallait même distraire d’Espinac et quelques autres prélats trèsinfluents, partisans de ] Mayenne ou du jeune due de Guise. Ainsi, ds la fin du mois de mars, la majorité fut acquise à Mayenne dans les États, et, comme le dit un témoin oculaire, rien ne s’y fit plus que sous son bon plaisir !. Ce changement est de la plus haute importance.
14 révolution survenue dans les dispositions des États échappa complètement aux ministres espagnols : aussi
1 Villeroy, Apol. et disc: ; P. 203 B, 206 A, 208 B. — Lestoile, p. 124 B.