PREMIÈRES OUVERTURES DES ESPAGNOLS DANS LES ÉTATS
leur conduite ne fut-elle dès-lors qu'une suite de contresens et de fausses démarches. Féria, toujours en soupcon de Mayenne, croyait qu'il importait aux intérêts de son maître de produire ses prétentions dans les États durant l'absence du lieutenant-général. Il voulait de plus prévenir la Conférence avec les royaux, qu’il redoutait comme une occasion de rapprochement entre les partis et de danger pour Philippe IE. Or, le moyen le plus efficace pour l empêcher était de nouer une négociation entre les États et le roi d’Espagne, d’entamer Ass de ce prince ou de l’Infante, qui, en mettant à néant les droits de Henri,
excluait nécessairement tout rapprochement, mème momentané, entre le parti du roi et les États de la Ligue,
En conséquence, Féria demanda audience aux États, le 29 mars, pour leur communiquer les propositions de Philippe, et obtint d’être reçu le 2 avril. Il leur parla en censeur qui blâme, en maître qui ordonne. Il condamna, dans les termes les plus sévères, la conduite du gouvernement français sous Catherine de Médicis et sous Henri Hi], à l'égard de l'Espagne et à l'égard de la religion. Il ajouta que, depuis la mort de Henri IT, le catholicisme ne s’était soutenu dans le royaume qu’avec les secours d'hommes et d'argent fournis à la Ligue par Philippe IT, et à la manière dont il rappela ces bienfaits, il en fit un sujet de reproche et par conséquent d’offense. Il termina en leur disant que le seul moyen qu'ils eussent de sauver la religion et l'Etat en péril, était d’élire, sans hésitation et sans retard, un roi catholique, embrasé du zèle de la religion, assez puissant pour les défendre. Et comme si, par ce qu'il venait de dire, il n’eüt pas assez clairement désigné son maitre, 1l leur lut une lettre de Philippe IF, contenant l'expression la plus naïve-et mème la plus grossière de ses prétentions. « Puisque, disait-1l, après tant d’autres choses par moy faites pour ce royaume, que l’on