LIV. III. CH. I. DISCOURS DE PELEVÉ A L’APPUI
a vues et que l’on peut voir à présent, Je fais encore celleci, 1l sera raisonnable que vous sachiez faire profit de l’occasion, et que l’on me paye et rende tont ce que J'ai mérité envers ce royaume, en me donnant satifaction. »
Après le discours de Féria et la lecture de cette lettre, le cardinal Pelevé, président de la Chambre du clergé, prit la parole. Il s'était apercu que l’assemblée avait été révoltée d'entendre la satire de la conduite de ses derniers rois; qu'elle avait tenu à offense Les bienfaits de Philippe IT, dès qu'ils avaient été reprochés ; que Féria avait fait par conséquent un tort infini à sa cause. Il chercha à détruire cette impression én prouvant, par beaucoup de traits historiques, que la France et ses rois avaient dans d’autres temps aussi bien servi la foi catholique et la nation espagnole que l'Espagne pouvait servir aujourd'hui la religion et la France. Quand il eut donné cette satisfaction aux susceptibilités de l'assemblée, et quand il crut les esprits ramenés, il accorda lui-même et provo— qua de la part des députés la plus entière adhésion aux propositions de Féria, à la candidature de Philippe IF, en exaltant les mérites de ce prince et en outrant son éloge jusqu’à l’apothéose. Il dit à l'ambassadeur : « Je reviens » maintenant à vostre roy, qui est le roy catholique, lequel » la France, après Dieu, a reconnu et recognoist pour son » libérateur... Nous confessons que votre prince, le roy : » catholique, non seulement les a surpassez (les Guises » et les papes), par abondance de richesses, mais aussy » par une large munificence et honneste libéralité envers » nous. Pour lequel bienfait, immortel certes et divin, nous » rendons grâces immortelles, non telles que nous de- » vons, mais telles que nous pouvons, à sa royale ma- » jesté et à vostre Excellence, qui s’est voulu charger de » cette ambassade envers nous, et nous offrons en récom- » pense tout le devoir de bienveillance et d'affection que