‹ Histoire du règne de Henri IV (volume 3)Chapitre 392 sur 636 · LA RÉPONSE AUX OUVERTURES DES ESPAGNOLS AJOURNÉE · texte numérisé non relu

LA RÉPONSE AUX OUVERTURES DES ESPAGNOLS AJOURNÉE

» l'on peut espérer de nous, vous promettant que la mé- » moire de ce bienfait ne sera jamais effacée de nos en- » tendements... C’est par ce degré que sa Catholique Ma- » Jesté se fera chemin dansle ciel, où entrent les âmes cé- » lestes et bienheureuses des saints, et contemplera la » face de Dieu, où gist le souverain bien des bienheu- » reux ; et lorsque pour le loyer de tant de labeurs, souf- » ferts en la cause de la religion, et sera introduite par » la bonté divine dans les célestes tabernacles, non seu- » lement mille millions d’anges, serviteurs du Très-Haut, » iront au—devant d’elle, mais une infinité de peuples » qu’elle a retirez de l’erreur, de l’infidélité ou de la mé- » chanceté de l’hérésie !. »

Les députés de la noblesse n’avaient jamais varié dans

1 Registre du Tiers, p, 141, 142. Tous les contemporains ont compris comme nous le discours de Pelevé ; tous en ont été affectés comme nous; ils y ont vu un aveu des prétendus droits de Philippe IL, un appui donné de la manière la plus explicite à ses prétentions. D’Anbigné, 1. 11, €. 18, t. 11, p. 275, édit. 1620, s'exprime ainsi: « Un légat » italien, homme d’un prince estranger, qui renversoit tout l’ecclé- » siastique, et n'ayant guères là que des prestres desbauchez, leur » donnoit les leçons d'Espagne secondé par le cardinal Pelevé. » te auteur du supplément de Lestoile, coll. Michaud, p. 129 B, ajoute : «A » cette harangue, le cardinal Pelevé, président de l'assemblée, a ré- » pondu par une autre beaucoup plus longue, qui a roulé sur Le bon- » heur de la France lorsqu'elle étoit gouvernée par des rois catholi- » ques;…. sur les malheurs que l’hérésie avoit causés à la France ; » sur les grandes obligations que l’on avoit au zèle du roy catholique, » qui avoit pris la défense de la religion par toute la terre. Il a con- » tinué jusqu’à la fin les éloges dudit roy, le béatifiant par avance. » Tout cela pour porter l’assemblée de contenter ledit Roy dans l’élec- » tion d’un roy, en reconnaissance de ce que la France luy doit. » Le continuateur de de Serres, p. 1002, 1003, donne absolument le même sens et la même portée au discours de Pelevé. Voici comment il s’exprime : « Un cardinal Pelevé, François de nation, mais plaidant la cause du roy d'Espagne. » D’après le sentiment unanime des contemporains, nous nous croyons autorisé à ne pas adopter, sur le discours de Pelevé, le jugement qu'en a porté un célèbre jurisconsulte moderne, M. Vivien, dans son Mémoire historique sur les Etats-généraux de 1592, p. 25.

Page 1