LIV. II. CH. I. RÉPONSE AUX ROYAUX : LA CONFERENCE ACCEPTÉE
leurs sentiments patriotiques : les députés du Tiers, de puis qu'ils avaient perdu l'espoir des largesses du roi catholique, étaient devenus singulièrement délicats sur l'indépendance et l'honneur national comme sur leur propre dignité. [ls s’indignèrent du fond même des us positions : l’arrogance ee Espagnols les révolta ; 1ls n’accueillirent que par des sarcasmes le plaidoyer de Pelevé pour l'intérêt de l'étranger et la servitude de la France. Au lieu donc de passer à la délibération et au vote 1m— médiats, auxquels Féria les invitait, les États, à une grande majorité, décidèrent que les propositions du roi d’Espagne seraient soumises à un examen attentif et ultérieur : ils ajournèrent de plus leur décision jusqu’au retour de Mayenne, qu'ils pressèrent par une lettre écrite quelques ] jours plus tard. D’un autre côté, ils firent précisément l'opposé de ce que désiraient et poursuivaient les ministres d’Espagne. À peine Féria avait quitté l’as-— semblée, qu'ils ordonnèrent de donner lecture de la dernière proposition des royaux, datée du 29 mars. Le 2 et le 5 avril, ils arrêtèrent deleur répondre; d’accepter de nouveau et plus explicitement la Conférence pour laquelle Mayenne s'était prononcé; d'offrir enfin des passeports aux députés que le parti contraire enverrait à la Conférence ‘. Rien ne manqua donc à ce premier échec des Espagnols.
Le duc de Féria assembla chez lui les députés de son parti, presque tous de la Chambre du clergé, et chercha avec eux les moyens d’arrèter Lente des États
! Registre du Tiers-état contenant , outre les délibérations de la Chambre 1° la harangue du duc de Féria; 2 la lettre du roi d’'Espagne aux Etats; 3° la harangue du cardinal Pelevé; 4° la réplique des royaux aux Etats; 5° la réponse des Etats à ladite réplique. (Registres du Tiers, p. 111, 314; du clergé , p. 407; de la noblesse, p. 588-590.) — P. Cayet, L v, p. 437-440.— Lestoile et son Supplém., p. 124, 198,