JOUR, LIEU, DÉPUTÉS CHOISIS POUR LA CONFÉRENCE
et de rompre la Conférence (7 avril). Cette tentative ne lui réussit pas mieux que la première. Dans les séances des 21,23, 24 avril, les États nommèrent les députés à la Donc, leur donnèrent les pouvoirs nécessaires, fixèrent le lieu où elle se tiendrait à Surène, et le jour où elle devait s'ouvrir au 29 avril. Leurs principaux députés étaient l'archevêque de Lyon, d’Espinac, et le président Jeannin, représentant le parti et défendant l'intérêt de Mayenne ; Villeroy et Lemaistre, dévoués à la Ligue francaise, dont les vues et les sentiments se confondaient alors avec ceux des Politiques. Du côté des royaux, les principaux députés étaient l'archevêque de Bourges , Schomberg, l'historien de Thou. L’archevèque de Lyon et l’archevèque de Bourges devaient soutenir, de chaque côté, la discussion, et avoir la haute direction de la conférence !.
Battus du côté des États, les ministres de Philippe I se tournèrent du côté des prédicateurs de la Ligue et des Se1ze, et cherchèrent leur point d’appui dans leur faction. Les prédicateurs déclarèrent que ceux qui favorisaient la Conférence n'étaient pas catholiques; et que si lon essayait de faire de la conférence une transition à la paix avec les huguenots et les Politiques, 1l y aurait du sang répandu (25-28 avril). Les Seize aflichèrent, le 26 avril, des placards dans tous les quartiers de Paris. Ils protestaient avec fureur contre la Conférence, et demandaient aux États de nommer un roi catholique assez puissant pour défendre la religion et maintenir l'Etat, agréé du pape et du roi d’Espagne, sous le bon plaisir desquels se ferait l'élection. Daus ces termes, Henri IV et Mayenne
1 Registre du Tiers, p. 162-170; du clergé, p. 411-430, 447, 449; de la noblesse, p. 594-597. — P. Cayet, 1. v, p. 440 B. — Lestoile, p. 126 A, 129 B, 130. Le jour et le lieu de la conférence furent plusieurs fois changés avant d’être fixés comme nous l’indiquons.