LIV. LI. CH. I. OPPOSITION DES PRÉDICATEURS ET DES SEIZE
devaient être nécessairement exclus l’un et l’autre. Les Seize cherchaient en même temps à gagner les anciens républicains de la Ligue et les partisans des réformes : ils tentaient surtout de séduire les Chambres, en donnant aux droits de la nation et aux prérogatives des États-généraux la plus grande extension, au détriment dela puissance roy ale. Les placards portaient que les États seraient convoqués désormais tous les cinq ans, et que le roi se tiendrait à dix lieues pour ne pas gêner leurs délibérations. Que les États ne délibéreraient plus seulement, qu'ils résoudraient : que le roi et ses successeurs Seraient tenus d'observer inviolablement leurs décisions. Que les ministres et les conseillers d’État seraient nommés par les assemblées qui se succéderaient. Qu'il serait pourvu par élections aux dignités et bénéfices ecclésiastiques , ainsi qu'aux charges de jJudicature, qui cesseraient d’être vénales. Ce développement des libertés publiques, mis en avant par les signataires de l’infâme lettre adressée à Philippe IT en 1591; cet appel menteur à une hberté qu’on devait trouver sous le joug de l'étranger et sous la domination du tyran des Pays-Bas, ne provoquèrent que le rire et le dégoût chez la bourgeoisie et chez le peuple. Quant aux États, ils répondirent aux avances des Seize en ordonnant des poursuites contre les auteurs des placards !.
1 P, Cayet, 1. v, p. 440-444 : il donne le texte des placards, protestations, propositions des Su — Loue p. 126. — Registre du Tiers, p. 170, 4171.