‹ Histoire du règne de Henri IV (volume 3)Chapitre 396 sur 636 · CHAPITRE IT · texte numérisé non relu

CHAPITRE IT

Suite des États de 1595. La Ligue et le parti royal, depuis les préliminaires de la Conférence de Surène jusqu'à l'annonce solennelle faite dans la Conférence de la prochaine abjuration du roi, et au mouvement que celte nouvelle excite dans Paris (24 avril-27 mai 1595.)

Dangers de la cause royale et nationale. Les États de la Ligue sont sur le point de choisir pour roi un prince cathoïique, et de donner un concurrent à Henri, Le Tiers-parti intrigue et travaille pour déférer la couronne au cardinal de Bourbon : toute une classe nouvelle de seigneurs se dispose à se joindre aux princes du sang et aux chefs royalistes déjà engagés dans ce parti : causes de cette tendance à la défection. Menées dans le parti protestant pour former une république calviniste, et rétablir le protectorat. — Dernière délibération du roi sur l’abjuration avec ses plus intimes serviteurs, dont deux protestants. De leur avis, au moment de l’ouverture de la Conférence de Surène, il promet par écrit aux puissances étrangères, annonce aux chefs du Tiers parti et aux députés royaux pour la Conférence, qu'il se fera catholique dans les deux mois qui suivront un traité qu’on croit alors sur le point de se conclure (26-98 avril). Les seigneurs qui voulaient entrer dans le Tiers-parti sont retenus; plusieurs de ceux qui s’y étaient affiliés en sortent : la Ligue francaise est fortement attirée au parti du roi. Précautions prises à l'égard des réformes, pour empêcher la révolte dans ce parti —- Première séance de la Conférence de Surène : manifestation du peuple pour la paix. Dans les séances suivantes de la Conférence, remarquable discussion sur le droit publie de la France relativement à la royauté, sur la puissance temporelle et spirituelle, sur les libertés gallicanes, Sixième séance de la Conférence : question posée par les députés royaux relativement à la conversion du roi : politique de Mayenne et de ses agenis, pour invalider la conversion et en éluder les effets, — Grandes espérances des ministres de Philippe IL : circonstances sur lesquelles ils les fondent. Le 10 mai, Mavenne demande aux Etats d'entendre les propositions des ministres d’Espagve, et introduit en même temps la question de l'élection d'un roi. Résistance organisée

‘par lui contre les Espagnols. — Propositions verbales des Espagnols chez le légat, relativement à la royauté de l'Infante : opinion de Rose, — Henri déclare solennellement à son Conseil la résolution prise par lui d'abjurer, fixe l'époque et le lieu, convoque une assemblée de prelats, de seigneurs, de représentants des Pariements, pour cet acte important, [l donne en même temps une déelaration pour la liberté et la complète sûreté des calvinistes (16 mai}, — La conversion prochaine du roi annoncée aux Ligueurs dans la Conférence de Surène : réponse de d'Espinac, l'agent de Mayenne (17 mai). Grands effets produits au-dehors par cette déclaration (17-27 mai).

; Jusqu’alors le parti espagnol et le parti de Mayenne, - divisés, opposés l’un à l’autre, setenaient mutuellementen échec. Mais un seul moment pouvait suflire pour amener la victoire de l’un des deux, ou leur réunion plus redou-

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table encore pour Henri. De plus, les différends une fois composés, les Etats de Paris avaient à se décider, à prendre un parti, et l'élection d’un roi était toujours menacante.

Henri trouvait autant d’ennemis, autant de dangers dans son propre parti que du eôté de la Ligue. Au mieu du mois d’avril, il revint à Mantes, d'un voyage forcé qu'il avait fait dans les provinces du centre Jusqu'à Saumur !, Son premier soin fut d'étudier la situation, et il la trouva chargée de nouveaux dangers. Le Tiers-parti, ou la faction des princes du sang, armés contre le chef de leur maison, complotait avec un redoublement d’activité pour lui enlever le pouvoir. Les États de la Ligue devant élire un roi catholique, le cardinal de Bourbon se flattait que leurs suffrages pourraient se porter sur lui, et il était plus ardent que jamais dans la poursuite de ses projets. Son frère, le comte de Soissons, animé contre le roi d’une vieille haine, que l'opposition récente apportée par Henri au mariage de sa sœur Catherine avec le comte, avait encore redoublée; convaincu que son frère, en qualité d'homme d’Eglise, ne sortirait pas des soins de l’administration intérieure, et lui abandonnerait le commandement des armées, la direction de toute la force militaire de la France; trouvant dans ce partage une grande satisfaction donnée à son ambition, travaillait de toutes ses forces à mettre la couronne sur la tête du cardinal. Le prince de Conti et le due de Montpensier, qui jusqu'alors étaient restés fidèles à Henri, prenaient maintenant parti contre lui pour deux raisons. D’abord ils ne regardaient pas comme impossible que dans certaines éventualités , dans certaines combinaisons, la royauté püt leur être déférée. En second lieu, considérant l'élection d’un roi catholique, par les États de la Ligue, comme prochaine, la

1 Lettres missives des 13 et 29 mars, 4,16, 49 avril, p. 740, 744, 741, 155-757. — P, Cayet, L v, p. 431 A.

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