DU COTÉ DU PARTI ROYAL, PAR LES EFFORTS DU TIERS-PARTI
ruine de Henri comme probable, 1ls voulaient, si le cardinal de Bourbon leur était préféré, retenir du moins le trône dans leur maison et garder leur haute position de princes de Ja famille royale. Ainsi les quatre princes du sang se portaient pour antagonistes de Henri. Le rang qu’ils occupaient dans l'Etat, le nombre des seigneurs qui s'étaient déclarés pour eux dès l’année précédente !, les forces et les ressources qu'ils pouvaient tirer de la Normandie, gouvernement dont le duc de Montpensier avait obtenu la survivance à la mort de son père arrivée le 3 juin 1592, étaient déjà un sérieux danger pour Henri ?.
Toute une classe de seigneurs se disposait à se joindre au Tiers-parti, à lui donner une consistance nouvelle et une force désastreuse. C’étaient les anciens serviteurs du roi Henri II, Bellegarde, Saint-Luc, de Thermes, d'Epernon et beaucoup d’autres, qui regrettaient le temps et le régime précédents, qui étaient à bout de leur constance, comme 1l arrive toujours dans les luttes prolongées, et qui imputaient au roi la durée indéfinie de la guerre. Ces seigneurs menaçaient de s'unir d’une part aux princes du sang, d’une autre aux catholiques ardents, d’'O, Manou, Rieux, Chateauvieux, Entragues, Sourdis, lesquels avaient déjà entrainé dans leurs rangs le duc de Nevers, Longueville, son gendre, le comte de Saint-Paul, frère de ce dernier, le maréchal d’Aumont. Le motif religieux, la raison politique incroyablement entendus, l’intérèt personnel entrainaient ces seigneurs, appartenant aux
1 Voir ci-dessus p. 325.
2 Davila, L. xur, t. 111, p. 403 et 277. — Sully, Œcon. roy., ch. 65, t. 1, p. 215. « Qu'elle (la princesse Catherine) n’ignoroit pas des me- » nées et pratiques que le comte de Soissons avoit tant de temps » continuées, pour former le Tiers-party, croyant que son frère aisné » étant d'Eglise, il seroit déclaré chef des armes. » Sur les projets et les menées des quatre princes du sang, le discours de Henri IV à Rosny, dans les (Econ. roy., ch. 38, p. 1409 B. : on le trouvera cité ci-après.