‹ Histoire du règne de Henri IV (volume 3)Chapitre 398 sur 636 · S LIV. III. CH IL MÉCONTENTEMENT ET PLAINTES DES SEIGNEURS · texte numérisé non relu

S LIV. III. CH IL MÉCONTENTEMENT ET PLAINTES DES SEIGNEURS

diverses fractions, aux diverses nuances du parti royal, vers les idées et les projets de défection, qui devaient mettre en péril la cause nationale.

Par sa déclaration du 29 janvier précédent, le roi avait annoncé l'intention de réaliser, par les plus prompts moyens, ses promesses d’abjuration et de conversion. On ne conçoit donc pas d’abord quel motif religieux pouvaient avoir les seigneurs de se séparer de lui. Mais à un examen plus attentif, on voit que Henri, n'ayant pris dans sa déclaration aucun terme préfix n1 déterminé pour sa réconciliation avec l'Église; n’ayant pas indiqué à quel moyen il recourrait, depuis qu’il avait vu son ambassade repoussée par le pape, et qu'il avait perdu l'espoir d’opérer sa conversion par l'intermédiaire du Saint-Siége, les seioneurs avaient regardé cet engagement comme n'ayant rien de sérieux, avaient imaginé qu’il n’était pas plus disposé maintenant que depuis trois ans et demi à quitter sa croyance et sa secte. Aussi se plaignäient-ils de lui voir différer sa conversion qu'ils désiraient ardemment, et qu'il leur avait si souvent promise. Ils criaient hautement que son obstination donnait occasion aux Espagnols de faire éclater leurs intrigues et leur audace. Que tous les délais étaient enfin expirés, et les prétextes allégués par le roi épuisés; qu'il ne savait plus lui-même quelle raison donner. Qu'il était fasciné par les artifices de ses ministres calvinistes, et opiniätrement attaché à la doctrine de ces hérésiarques. Qu'il était temps de penser à leurs âmes, à la religion, à leur salut, à celui de leurs enfants, et ne pas travailler à se damner eux-mêmes avec lenr postérité. Qu'il fallait laisser ce prince se perdre avec ses huguenots désespérés, sans entrainer avec lui tout le reste du royaume. Au motif de la religion et de l'intérêt politique, se joignait de près l'intérêt particulier. Chacun détestait les fatigues et le poids de la guerre. Chacun déplorait ses propres

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