‹ Histoire du règne de Henri IV (volume 3)Chapitre 399 sur 636 · ILS SE DISPOSENT A SE JOINDRE AU TIERS-PARTI · texte numérisé non relu

ILS SE DISPOSENT A SE JOINDRE AU TIERS-PARTI

malheurs, les maux de sa famille, le délabrement de ses affaires domestiques, les dépenses dans lesquelles il était entrainé et qui ne trouvaient point de fin. Chacun désirait le repos et soupirait après la paix. D’O se plaignait d’être sur-intendant des finances d’un roi dont les coffres étaient vides. Bellegarde, Saint-Luc, de Thermes, d’'Epernon et tous les autres serviteurs de Henri HT déploraient leur mauvais destin qui, d’un roi d’or qu'ils avaient auparavant, leur avait donné un roi de fer. En effet, disaient-ils, Henri I avait coutume de répandre sur eux l'or et l'argent à profusion, tandis que son successeur, réduit à l'étroit, et naturellement économe, ne leur proposait pour récompense que des guerres, des siéges, des combats. Ils protestaient qu’ils ne pouvaient plus soutetenir les fatigues insupportables de la guerre, ni demeurer continuellement enchassés dans leurs cuirasses, comme des tortues dans leurs écailles. Qu'ils ne pouvaient servir plus longtemps un roi accoutumé comme les huguenots à courir Jour et nuit, à vivre de rapine, de ce qu’on trouvait dans les chaumières des malheureux paysans; à se chauffer au feu d’une maison incendiée, à coucher parmi les chevaux et dans les étables infectes des villageois. Qu'ordinairement on faisait la guerre quelque temps pour parvenir à la paix; mais qu’ils servaient actuellement un prince qui, ne se lassant jamais des travaux de la guerre, n'avait d’autres délices que les arquebusades, les blessures, le carnage, les batailles, Ces plaintes, accompaonées tantôt de jurements et de blasphèmes, tantôt de reproches et de plaisanteries, étaient si publiques qu’elles venaient jusqu'aux oreilles du roi. Tels étaient les sentiments et les discours de toute cette classe de seigneurs, d’après l’un des contemporains. Un autre, et c’est la calviniste Mme Du Plessis, reproduisant les impressions et le jugement de son mari si bien placé pour juger de l’état

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