LIV. HI. CH. II. PLAN ET PROJETS DU TIERS-PARTI
des choses, accuse en ces termes la gravité du danger : « Le roi se trouva surpris et comme opprimé de ce soudain et inopiné changement. Il voyoit les visages et les cœurs des siens alienez de luy. Il étoit adverti à toute heure des gouverneurs et des places ou que l’on praticquoit, ou qui se divertissoient de luy. » Cédant aux passions religieuses, aux passions égoïstes, à la lassitude, ces diverses classes de seigneurs d’une part s’abouchèrent et s’entendirent avec les princes du sang ; d’une autre ils se concertèrent avec les seigneurs et les ecclésiastiques de la Ligue qui répugnaient à la royauté espagnole et à la domination étrangère. Parmi les seigneurs, les uns étaient déjà engagés dans le Tiers-parti; les autres étaient près de s’y aflilier et de lui donner de formidables proportions : tous ensemble formaient le dessein de passer à la Ligue, et conjuraient pour une révolution !.
Leur plan était d’écarter Henri, de reconnaître pour roi le cardinal de Bourbon, de désintéresser Philippe I, en faisant épouser l’Infante, sa fille, au cardinal de Bourbon relevé de ses vœux par le pape. Les agents du prince s’abouchaient avec Villeroy et Jeannin pour persuader à Mayenne de favoriser cette combinaison, sous promesse d'immenses avantages qui lui seraient faits : le cardinal entrait personnellement en négociation avec le sieur de Villars qui commandait dans Rouen. Le dessein des princes du sang et des seigneurs qui se jetaient dans le Tiers-parti, était aussi insensé que désastreux. La suite
1 Discours du roi à Rosny dans les Æcon. roy., ch. 38,.p. 109 B. « Vous scavez assez que mes cousins les princes du sang, et MM. de » Nevers, de Longueville, Biron, d'O, Rieux, Manou, Chateauvieux, » Antragues, Sourdis et beaucoup d’autres, mais surtout Epernon..…… » me pressent incessamment de me faire catholique, ou qu'ils forme- » rontun Tiers-party, et se joindront à la ligue.» — D’Aubigné, t. Ii, L. xt, ©. 22, p. 289. — Davila, 1. x1ur, p. 403, 404 et 287. — M®° Duplessis, Mém., t. 1, p. 256.