COMPLOT DU TIERS-PARTI CONTRE L'AUTORITÉ ET LA VIE DU ROI
montra que Philippe IT et Mayenne ne se départirent pas un moment du projet d'assurer la couronne à eux-mêmes ou à leurs enfants; que les paroles dont 1ls abusèrent le cardinal et les seigneurs, étaient autant de leurres et de ruses pour les détacher du parti de Henri et les lui donner pour ennemis. Quant à l’idée de forcer la main ou de tenir tête à Philippe If et à Mayenne, si on les trouvait hostiles, avec l'incapacité du cardinal de Bourbon et la médiocrité militaire du comte de Soissons, elle tenait de la folie. Les chefs de cette intrigue complotaient contre la liberté et les jours du roi, les plus modérés opinant à se saisir de sa personne et à le jeter en prison, les plus violents demandant et préparant sa mort. L’amiral de Biron, fils du maréchal, qui prétendait ne s’être affilié au Tiersparti que pour s'opposer à ses fureurs, aflirmait plus tard qu’à un moment donné 1l avait empêché le roi d’être assassiné !. Henri fut contraint, pour sa sureté, d'appeler un corps de troupes anglaises, et de le loger dans Limay, faubourg de Mantes. En supposant qu'il échappât à ces trames odieuses, il suflisait encore que le Tiers-parti en vint à un éclat, à une rupture ouverte avec lui, à la division du parti royal en deux camps ennemis, pour ruiner entièrement ses affaires, et jeter le pays dans une confusion dont nulle main humaine n’eût pu le tirer. Henri disait à ses plus confidents serviteurs « que le Tiers-— » parti quelque mal fait qu'il fust, en périssant, feroit » périr l'Estat. » Et les contemporains qui en jugeaient comme lui ajoutaient que « c’étoit pour mettre la France » au dernier soupir et pour lui faire perdre jusqu’au nom » de monarchie. » Toutefois ce n’était là encore que la moitié des dangers du moment. Depuis que Henri avait
1 Discours de Biron au chancelier, lors de son procès : « Le roy ne » se souvient-il plus de la conjuration de Mantes et du danger qu’il » eût couru, si je ne me fusse entendu avec les conjurateurs? »