LIV IL. CH. II. CRAINTES DES CALVINISTES : INTRIGUES DES CHEFS
fait un pas vers les catholiques par lenvoi de Gondy et de Pisany à Rome, et par la déclaration du 29 Janvier, les meneurs et les ambitieux, parmi les seigneurs réformés, poussaient à la révolte le corps des calvimistes francais. Ils leur répétaient que la persécution commencerait contre eux le jour de labjuration du roi; qu'ils devaient pourvoir à leur sûreté en rétablissant leurs conseils et leur protectorat, c’est-à-dire leur gouvernement républicain; abolis depuis l’avénement de Henri IV. De la sorte, le roi perdait tout pouvoir sur la partie de la nation, sur la classe de citoyens qui professait la Réforme : ce pouvoir passait à Bouillon ou à la Trémoille, qui briguaient le protectorat, correspondant au stathoudérat des Provinces-Unies !. L'unité nationale était brisée de ce côté, le pays livré à la continuation du terrible antagonisme que la Ligue lui avait déjà fait essuyer. Ainsi les ambitions particulières, en exploitant les passions et les erreurs des masses, ti raient violemment de deux côtés le parti royal, le parti national, pour le diviser et le dissoudre.
Au milieu de ces nouveaux et pressants dangers, Henri agita successivement le parti qu’il avait à prendre, les
1 Voyez, à l’appui de ces faits, les discours de Henri IV, dans Sully, Œcon. roy., c. 38, p. 108 B, 109 B; c. 39, p. 111 À : 1° sur le Tiersparti : « Ils ne sont plus retenus que d'une seule difficulté, qui est de » sçavoir ce qu'ils feront de ma persoune, les uns disant qu’il s’en » faut saisir et asseurer, et les autres, plus malins et audacieux, qu’il » me faut despescher, adjoutant que de tels oyseaux que moy ne va- » lent rien en müe, ny à garder en cage. » 2° Sur les chefs des calvinistes : « Je sçais de certain que MM. de Turenne et de la Trémoille, » et leur sequelle, sollicitent journellement de toutes parts, afin que » si je me fais catholique, il soit demandé une assemblée pour ceux » de la religion, pour faire résoudre un protecteur, et un establisse- » ment de conseils, subsistans dans les provinces. » — Tous les faits dont argue Henri, au sujet du Tiers-parti ct des principaux calvinistes, sont confirmés par Groulart. Voyages en cour, t. x1 de la collection, p. 559 A; — par P. Cayet, L v, p. 445 À ; — par d’Aubigné, L. ui, c. 22, p.200 ; — par M®° Duplessis, Ménr., t. 1, p. 255, 256.