DERNIÈRE DÉLIBÉRATION DU ROI SUR L'ABJURATION
mesures qu'il avait à adopter, avec trois hommes sur la fidélité, les lumières et l'expérience desquels il pouvait compter, le chancelier de Cheverny, le comte de Schomberg et Rosny. Il leur posa à la fois la question religieuse et la question politique, mit en présence ses scrupules, les répugnances et les dernières hésitations de sa conscience, la considération de son salut, avec les ex1gences de la situation et de l'intérêt public. Les deux protestants Schomberg et Rosny, comme le catholique Cheverny, opinèrent pour la conversion, et pour la conversion à court délai, comme seul moyen de prévenir la fatale scission du parti royal et la ruine du pays. Sur la question religieuse, le huguenot Rosny lui dit: « Je tiens pour infailhble que de quelque sorte de religion dont les hommes fassent profession extérieure, s'ils meurent en l’observation du Décalogue, et créance au Symbole ; s’1ls aiment Dieu de tout leur cœur, ont charité envers leur prochain , espèrent en la miséricorde de Dieu, et d’obtenir salut par la mort, le mérite et la Justice de Jésus-C hrist ; qu'ils ne peuvent faillir d'être sauvés, parce que dès-lors ils ne sont plus d'aucune religion erronée, mais de celle qui est la plus agréable à Dieu. De quoi j'ay autrefois discouru avec quaire ou cinq de vos ministres, à sCavoir, MM. de la Roche-Chandieu, de Vaux, d'Espérieux, Gardesti et de Nord, lesquels se trouvoient bien empeschez à blâmer cette opinion. — Que s’il vous plaisoit de la prendre, vous résoudre de la mettre en praticque tout le temps de vostre vie, et que Dieu vous en fit la grâce, Je ne douterois point de vostre salut, quelque profession extérieure que vous fassiez de la religion catholique. » Rosny traitant ensuite la question Rent et sondant la disposition des esprits, le présent état des choses, ajouta : «Il vous sera impossible de régner jamais pacifiquement, tant que vous serez de profession extérieure d’une religion qui est en si