‹ Histoire du règne de Henri IV (volume 3)Chapitre 404 sur 636 · LIV. II. CH. II. ENGAGEMENT DE CONVERSION PRIS PAR LE ROI · texte numérisé non relu

LIV. II. CH. II. ENGAGEMENT DE CONVERSION PRIS PAR LE ROI

grande aversion à la plupart des grands et petits de vostre royaume, sans laquelle tranquillité universelle, 1l ne vous faut point entreprendre ni espérer de le mettre en l’opulence, splendeur, richesse et félicité de peuples, dont je vous ai vu souvent faire le projet !. » Tout était là : au changement de religion de Henri étaient attachés le salut et la pacification de la France ; le salut et la hiberté de conscience de la Réforme elle-même, que le roi seul était capable de protéger contre l'hostilité de la Ligue et l’inquisition de l'Espagne.

Décidé par l'avis de ses trois serviteurs, Henri prit l’une de ces vigoureuses et décisives résolutions qui en trainent les masses, et donnent un subit dénoùment à la situation, tandis que les factions délibèrent et se perdent dans leurs intrigues croisées. En premier lieu, il renversa les calculs et les moyens de succès du Tiers-part1, raffermit dans l’obéissance et dans le dévouement à sa cause les catholiques royaux de toutes les nuances, atuira irrésistiblement à lui la Ligue francaise, par des engagements si publics et si solennels de changement de religion, que lui-même n'avait plus à se dédire, ni personne à douter de sa prochaine conversion. Le 26 avril, il promit par écrit au duc de Toscane, en foi et parole de roi, de fare déclaration et profession de la religion catholique dans les deux mois qui suivraient un traité avec le duc de Lorraine, que l’on croyait alors sur le point de se conclure. Le 28 avril, le roi annonça la mème résolution à l’ar-

1 Sulty, Œcon. roÿ., ch. 38, t. 1, p. 110 À, B. — Davila, L. XII, p. 404. &Il était encore pressé sans cesse par les avis sérieux du comte » de Schomberg. » — Cheverny, Mém., p. 522, 523. Après avoir montré que la conversion pouvait seule donner au roi les moyens d'assurer sa couronne et de résister au Tiers-parti, il ajoute : «Toutes ces rai- » sons et infinies autres, qui luy furent représentées à diverses occa- » sions, à quoy je puis dire n'avoir pas peu servy, firent enfin tant sur

» son bon jugement, que nonobstant toutes les oppositions, sa Majesté » ne laissa de se résoudre à se faire instruire en ja religion catholique. »

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