LIV. III. CH. 1. REMARQUABLE DISCUSSION DANS LA CONFÉRENCE
sormais la condition d'existence pour la France, comme pour les particuliers. Il établit en principe que la royauté de Henri était un droit; que m1 la religion du prince, ni les décisions de l'Eglise, n'avaient pu porter atteinte à ce droit, parce que les rois de France étaient complétement indépendants du Saint-Siège en ce qui regardait leur puissance temporelle. Il ajouta que dans la pratique Henri pouvait faire des concessions volontaires au sujet de la religion, pour satisfaire au vœu de la majorité de ses sujets et pour faciliter la paix, mais que ces concessions auxquelles 1l était disposé, étaient de sa part une condescen— dance, le droit demeurant intact. Il pressa les ligueurs de reconnaître Henri, de mettre fin à la guerre civile, et de donner ainsi au pays qui périssait le seul moyen sé— rieux de salut qui lui restat,.
D’Espinac, chef du parti contraire, convint et des dangers publics et de la nécessité de reconnaitre un roi pour y mettre fin. Mais il ajouta que les suffrages des higueurs ne pouvaient se porter que sur un prince très chrétien de nom et d'effet, qu'ils ne voulaient même pas entendre parler de la reconnaissance du roi de Navarre, et qu'ils mourraient avant d'obéir à un hérétique. Il invoqua les Pères de l'Eglise, les canons, l'autorité des six derniers papes, pour établir la pureté de cette doctrine et la légitimité de cette résolution. Dans la seconde partie de son discours, il déploya beaucoup d’éloquence et d’adresse pour prouver que le véritable moyen de pourvoir à la sûreté de la religion et de l'Etat tout ensemble, était, non que les ligueurs désertassent la cause qu'ils avaient suivie jusqu'alors, mais que les catholiques déclarés jusqu'alors pour Henri abandonnassent ce prince hérétique; que tous les catholiques réunis désormais dans un grand part, prissent, d'un commun accord , un chef et un roi avoué par l’Église,