LIV. il. CH. I. LES LIGUEURS SOMMÉS DE DÉCLARER
Aïnsi les discours de l’archevèque de Bourges reproduisaient dans leur pureté et leur vigueur les doctrines gallicanes déjà hautement to Gas par les prélats de l'assemblée de Chartres, et par la déclaration de 1591. Les discours des autres députés soutenaient et continuaient les salutaires principes des Politiques. Les députés royaux à la conference de Surène ne s'étaient donc laissé entamer par aucun côté. Ainsi plus de la moitié des plans et des espérances de Mayenne, relativement à la Conférence, se trouvait renversée : il était décidé dès lors que le lientenant-genéral ne parviendrait pas à entrainer les catholiques royaux dans le parti de la Ligue, et à affaiblir ainsi le roi d’une manière irrémédiable,
A la séance du 10 mai, les députés royaux dirent qu'il n'y avait plus Heu aux discours et aux disputes, qu'il fallait en venir aux résolutions. En conséquence, ils sommèrent les ligueurs des expliquer sur le parti qu’ils prendraient dans de cas où le roi se convertirait, et de déclarer s'ils voulaient se joindre à eux pour le presser d’abjurer. D'Espinac répondit qu'ils faisaient des vœux à Dieu pour que le roi se convertit et se fit bon catholique, mais qu’au pape seul appartenait de juger et de décider ce point, et qu'ils étaient résolus à ne se départir jamais de l'avis et de l'autorité du Saint-Siège. Mayenne ei d’Espinac doutaient encore que Heuri bravât les dangers attachés à sa conversion en ce qui concernait les réformés, et s’exposat à l’a bandon des protestants de France et de l’Europe entière. Toutefois ils se mettaient en garde contre les éventualités de sa conversion à l’égard des ct te de la Ligue. Ilétat sûr que le pape placé entre les menaces du roi d’Espagne et les obsessions de la Ligue, n’absoudrait pas le roi de Navarre. La réserve faite par l'archevêque de Lyon était donc un moyen ménagé à Mayenne d'attaquer en nullité la conversion de Henri par le défaut d’absolution du pape;