MAYENNE DEMANDE AUX ÉTATS DE LES ENTENDRE : SES CALCULS
que les ministres du roi catholique requéraient d’être recus par l'assemblée et de lui exposer les prétentions de leur maitre et de l’Infante d'Espagne. Les chambres ordonnèrent qu'ils seraient d’abord entendus, et leurs propositions examinées par une COMMISSION composée du duc de Mayenne, des princes de sa famille, et de six députés des États, deux de chaque ordre!
Mayenne était résolu, d’une part, à favoriser l'élection, pour dépouiller Henri de Navarre; d’une autre, à faire échouer toutes les propositions qui ne donneraient pas une part dans la royauté à son fils et à lui-même : en conséquence, 1} avait à convaincre Philippe IT, par des échecs successifs, qu'il poursuivrait vainement la souveraineté exclusive en faveur de sa fille. Mayenne avait calculé très justement que, dans l’opposition à faire aux Espagnols, il serait aidé par le Parlement cù dominaient les principes de la Ligue francaise et l'amour de l’indépendance nationale, et qui depuis cinq ans jouissait d’un pouvoir politique tel, que la question de l'élection lui serait nécessairement soumise; par la bourgeoisie, qui partageait l’'aversion du Parlement pour la domination étrangère, et qui la considérait de plus comme un moyen de rendre les . partis irréconciliables et la paix impossible ; enfin, par la
majorité des États de la Ligue, devenue hostile à Philippe IT, depuis les preuves données de sa parcimonie et Îa dispersion de son armée. Mayenne n’avait pas négligé non plus l'appui d’une partie des prédicateurs qn’il avait détachés momentanément du parti des Seize et de l'Espagne, gagnant les uns à force d’argent, réveillant chez les autres le sentiment français. Dès le 25 avril, le fougueux Boucher, curé de Saint-Benoît, les curés de Saint-Nicolas et
1 Regist. du tiers, p. 178-184; du clergé, p. 451-459; de la noblesse, p. 601-603. — Lestoile et son suppl., p. 133 A et 139 B. — Mayenne était rentré à Paris le 6 mai.