‹ Histoire du règne de Henri IV (volume 3)Chapitre 411 sur 636 · LIV. III. CH. II. DEMANDES VERBALES DES ESPAGNOLS CHEZ LE LÉGAT · texte numérisé non relu

LIV. III. CH. II. DEMANDES VERBALES DES ESPAGNOLS CHEZ LE LÉGAT

de Saint-André, avaient loué et recommandé le lieutenant-général de leurs sermons. Le 12 mai, Boucher, après avoir établi par des raisonnements nélés d’i injures que le Béarnais, même converti, était inhabile à régner; après avoir supplié Dieu de débourber la France, et donné l'exclusion par ce jeu de mots à tous les princes de la maison de Bourbon, plaidait en propres termes pour la royauté de Mayenne ‘. 1 Rose, évêque de Senlis, prédicateur couru, membre des États, non moins populaire, non moins puissant que Boucher, agissait dans le même sens que lui, soit qu’il cédàt aux séductions de Mayenne, soit qu’il obéit au sentiment de l'indépendance nationale, qui chez quelques ligueurs se conciliait avec une haine furieuse contre Henri. Tandis que les ministres espagnols comptaient entièrement sur lui, et regrettaient qu'il ne fit pas partie de la députation pour la Conférence de Surène ?, 1l préparait une violente sortie contre l’ambition de Philippe I, et contre les tentatives d’envahissement de la France par l’étranger. La conférence pour entendre les propositions des Espagnols eut lieu chez le légat le 13 mai. Le duc de Féria réclama la couronne pour l’Infante par droit de naissance, du titre de sa mère, et requit qu’on y joignit l'élection, si on la jugeait nécessaire. Il demanda que Henri fût exclu comme hérétique, et tous les princes de là maison de Bourbon comme fauteurs d’hérétiques. A peine avait-il achevé, que Rose présent à la conférence,

1 Lestoile, p. 126 À, 1433 B. « Boucher prescha que dans la ville de » Rheims s’estoient trouvés six Charles protecteurs de la foy; que » nous estions embourbez depuis longtemps et qu'il falloit nous dé- » bourber; que ce n’étoit à tel boueux que la couronne de France ap- » partenoit, mais à un de ces Charles le preux, commes’il eust voulu » désigner le duc de Mayenne qui estoit vis-à-vis de luy. » Mayenne se nommait Charles de Lorraine.

2 Voyez le jugement porté sur Rose par D. Diégo d'Ibarra, papiers de Simancas, liasse B 78, pièce 234. — Appendice aux Etats-généraux p. 700, 701.

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