LIV. III. CH. 11. LES DEUX DÉCLARATIONS DÜ ROI DU 16 MAI
de l'élection d’un roi, principal objet de leur convocation : en supposant qu’ils écartassent du trône Philippe et sa fille, 1ls pouvaient y appeler Mayenne, le jeune duc de Guise, le cardinal de Bourbon. La guerre civile sans fin ‘était attachée à chacune de ces combinaisons, et dans l’épuisement résultant de la guerre civile, l'Espagnol devait trouver les moyens d'enlever de côté ce qu'il ne pouvait emporter de front, de subjuguer ou au moins de démembrer le royaume. Henri fit tout ce qui était en lui pour éloigner ce danger de la France, en prenant à temps une résolution décisive, Le 16 mai, il déclara à son Conseil la résolution qu’il avait prise d’abjurer, et fixa le mois de juillet pour cet acte important. Il convoqua par lettres, pour le 15 juillet et dans la ville de Mantes, un certain nombre de prélats et docteurs tant du parti royal que du parti de la Ligue, dont il devait recevoir les instructions. IL convoqua en même temps les seigneurs catholiques et calvinistes, et les députés des divers bent pour assister à sa réconciliation avec l'Église, et pour décider toutes les hautes questions relatives à la religion et à l’État. En se séparant des huguenots, il prévint Pre alarmes. Le même jour 16 mai, il promit par une déclaration spéciale que dans tout ce qui serait fait aux conférences de Surène, 1l ne serait pas dérogé aux édits et déclarations donnés par les rois précédents, et assurant aux réformés la liberté de leurs personnes et la liberté de conscience : 1l fit souscrire cette promesse par le chancelier et par les plus grands seigneurs du parti catholique alors réunis autour de lui. Certes, Henri ne pouvait se flatter de faire par cette déclaration déposer aux réformés de France ou d'Europe toutes les craintes ou tous les mécontentements nés de son abjuration. De ce côté, le parti auquel il se déterminait avait donc ses périls. Mais d'abord ce danger était bien moindre que celui de laisser élire un roi. En second lieu,