‹ Histoire du règne de Henri IV (volume 3)Chapitre 414 sur 636 · PROPOSITIONS FAITES EN SON NOM A LA CONFÉRENCE DE SURÈNE · texte numérisé non relu

PROPOSITIONS FAITES EN SON NOM A LA CONFÉRENCE DE SURÈNE

il avait la presque certitude de rallier à lui et à sa cause, par sa conversion, la masse de la nation, et si les réformés de France et d'Europe devaient le bouder et l’abandonner, au moins devait-il trouver dans sa nouvelle et grande position les moyens de les empêcher de s’armer contre lui, et de recommencer la guerre civile en France. Il ordonna aux députés de la Conférence d'annoncer aux ligueurs, aussitôt après leur retour à Surène, la détermination qu’il venait de prendre au sujet de la religion, ainsi que les actes qui en assuralent l'exécution. Il les autorisa à proposer en même temps une trève durant laquelle on réglerait les conditions d’une paix définitive : 1l leur enjoignit enfin, dans le cas où les ligueurs repousseraient ces moyens, de faire des protestations qu'on rendrait publiques, afin de rejeter sur le parti contraire la haine que méritait le refus obstiné d’un accommodement équitable !.

Le 17 mai, les députés à la Conférence se réunirent de nouveau. L’archevèque de Bourges annonça aux ligueurs la résolution prise par le roi de retourner au catholicisme. Il ajouta que Henri, pour sa réconciliation avec l’Église, s’adresserait aux prélats de son royauine et non au pape, parce que les pressants dangers de la France ne s’accommodaient pas de l'éloignement et des lenteurs de la cour de Rome, et parce qu’on savait trop que la volonté et la liberté du pape étaient enchaïnées par les ennemis du ro. Il annonça cependant l'intention où Henri était de rendre au Saint-Siége le respect et la soumission qu’on pouvait attendre d’un fils de l’Église. Il offrit en même temps en son nom une trève de trois mois, comme préliminaire de la pacification générale du royaume. Mayenne et ses con-

1 Les actes dans P. Cayet, I. v,p. 466, 467. — Thuanus, L. cvi, 8$ 7, 8, t. V, p. 258, 259. — Lettres de Duplessis, t. V, p. 426-429. Les lettres de convocation du roi aux prélats et docteurs des deux partis sont du 18 mai.

Page 1