‹ Histoire du règne de Henri IV (volume 3)Chapitre 415 sur 636 · LIV. III. CH. II. MOUVEMENT EXCITÉ A PARIS PAR CES PROPOSITIONS · texte numérisé non relu

LIV. III. CH. II. MOUVEMENT EXCITÉ A PARIS PAR CES PROPOSITIONS

seillers Jeannin et d’Espinac, avaient cru que les convic-— tions de Henri, que la considération des calvinistes de France et des protestants de l’Europe, le retiendraient à jamais parmi les dissidents. La nouvelle de sa conversion étonna et troubla d’Espinac. L’archevèque essaya de parer le coup, en contestant par des faits de détail la sincérité des intentions du roi, et en s'étendant sur les dangers que courrait la religion si l’on ajoutait une foi aveugle à ses promesses. Pour toute réponse les royaux remirent par écrit aux députés ligueurs les propositions, en les sommant de les faire connaître aux princes et aux grands de leur parti et aux États de la Ligue. Des copies de ces propositions se répandirent bientôt dans Paris et dans la France entière : leur contenu agit de la manière la plus puissante sur lopinion publique et sur la marche des événements. A son incontestable légitimité, à sa valeur personnelle, Henri allait joindre la catholicité, et il offrait la paix si ardemment désirée. Dès ce moment, les Politiques anciens et nouveaux de la Ligue, dans la bourgeoisie et dans le Parlement, prirent une attitude plus assurée; les semonneux lui furent acquis; plus de la moitié du bas peuple se prononça hautement pour lui. Le 19 mai, Molé se rendit au Parlement, fit des remontrances sur la proposition que devaient faire les Espagnols de rompre la loi Salique fondamentale du royaume, somma la cour d’en délibérer, déclara s’y opposer, et demanda acte de son opposition. En mème temps, une vive agitation se manifestait dans une portion considérable du bas peuple, et les Politiques députaient à MES pour le presser ds conclure ne paix (17511859 Pme

1 P. Cayet, L. v, t. 464-466. — Registre du Tiers, manuscrit T!, p. 185, note, 202-205 ; Registre du clergé, p. 477. — Lestoile et son suppl., p. 134, 135, 140, 141. Le texte de Cayet, p. 464 À, porte par erreur dix mai au lieu de dix-sept mai.

Page 1