CHAPITRE I
Suite et fin des États de 1593. La Lique, les Espagnols, le parti royal, depuis l'annonce faite dans la Conférence de Surène de la prochaine abjuration du roi, et le mouvement que cette nouvelle excite dans Paris, jusqu à la prorogation des États de la Ligue (27 mai-
& août 1593).
À la veille de l’élection d’un roi par les Etats de la Ligue, Mayenne cherche à se concilier le Parlement de Paris, et à s’assurer une plus forte majorité dans les États, en créant une quatrième chambre composée des délégués du Parlement. La proposition portée aux Chambres le 27 mai, est rejetée quelques jours après par les États. Dans la discussion, le droit de sanction des actes législatifs émanés des États-généraux et de la couronne, droit acquis au Parlement depuis les Barricades, est réconnu par le Conseil d'État et par les États de la Ligue : conséquences de ce précédent pour l'arrêt ultérieur du Parlement du 28 juin. — Prétentions des Espagnols : obtenir la couronne pour la fille de Philippe IT, l’Infante Claire-Eugénie seule, ou pour l’Infante et un prince de Ja branche allemande de la maison d’Autriche. Prétentions de Mayenne : abandonner la moitié de la souveraineté à l’Infante, réserver l’autre pour son fils, avec la lieutenance-générale et le pouvoir effectif pour lui-même, — Le 28 mai, premiére proposition écrite des Espagnols dans les États : Les Etats reconnait tront l’Infante pour héritière de la couronne de France, en sa qualité de petitefille de Henri Il ; ils y joindront l'élection s’ils la jugent nécessaire. Opposition de Molé : les délégués du Parlement sortent des Etats. Première opposition du Parlement signifiée à Mayenne par l’avocat du roi, Le 29 mai, discours du légiste Mendoza dans le sens des propositions faites la veille par les ministres
d’Espagne. Mécontentement et réprobation manifeste des Etats. — Grands pouvoirs reconnus à Mayenne par les trois Chambres. — Le 5 juin, réponse
des États aux propositions du parti royal. [ls rendent impossible la conversion du roi en la renvoyant au pape, circonvenu par les Espagnols et par la Ligue, et ils éludent la proposition de la treve. — Circonstances sur le concours desquelles les ministres d’Espagne croient pouvoir compter pour la réussite des projets de leur maître. Le 11 juin, ils sont sommés par les Etats de déclarer si Philippe [1 réclamant le trône pour sa fille, entend la marier à un prince francais. Le 13 juin, réponse à la question des Etats et seconde proposition des Espagnols : La royauté sera déférée à l’Infante, et à l’archiduc Ernest, frère de l'Empereur. La proposition est rejetée par les Etats le 19 juin, — Vote fameux du 20 juin : les trois Chambres décident qu’il y a lieu d’élire un roi, et d’appeler au trône un prince français, et l’Infante comme propriétaire pour moitié de la souveraineté. La voie est ouverte ainsi à l’usurpation, et à la guerre civile sans fin entre le parti royal et la Ligue : patriotiques, mais inutiles réclamation de Thielement et de Du Vair dans la Chambre du Tiers. — Le 2 juio, troisième proposition des Espagnols : Les États déclareront sur-le-champ rois propriétaires de la couronne et solidairement l’Infante et un prince français, en y comprenant ceux de la maison de Guise : dans les deux mois qui suivront,