EN FORMANT UNE QUATRIÈME CHAMBRE DANS LES ETATS
Legat, où assistent les princes, les membres du conseil, les délégués des Etats : L’Infante et le jeune duc de Guise seront élus rois en commun et sur-le-champ, et seront unis par mariage : Mayenne aura en partage trois provinces, démembrées des monarchies francaise et espagnole, avec le gouvernement de la Champagne pour son fils. Le duc, séduit par lénormité de ces offres, signe le traité, avec un secrétaire à Etat, les 9 et A0 juillet. Raïsons qui le font changer de détermination: il revient sur son engagement, et la combinaison échoue, [1 notifie ce résultat aux Chambres, assemblées le 24 juillet. — Nécessité où il se trouve d’acc epter une suspension d'armes, et de persuader à la majorité des États de l accueillir, La trève pour trois mois avec le parti royal, est résolue le même jour 24 juillet par les Chambres de la noblesse et du Tiers, malgré l’opposition du légat et de Ta Chambre du clergé; elle est conclue quelques jours plus tard, et publiée à Paris le Aer août.— Le ducen ayant l’air par cet acte de se disposer à la paix, n’en persiste pas moins dans ses projets de lieutenance-générale et d’usurpation du pouvoir souverain, cherchant à persuader aux Espagnols de se tenir unis à lui contre Henri leur ennemi commun, et à gagner le pape par une grantie concession. ÀÂu moment où il fait résoudre par les États la trève dont il a besoin, il a déjà pris les mesures pour que la trève n’amène pas la paix. La veille, le 23 juillet, il a contracté secrètement une nouvelle alliance avec les Espagnols, pour l'élection ultérieure d’un roi et pour le maintien de la Ligue : serment sur l’hostie, la croix et l'Evangile. La réception en France du concile de Trente, rejetée précédemment par une commission des Etats, est votée par les trois Chambres,le 30 juillet, Mayenne tire des députés le serment de se réunir à l'expiration de la trève, et proroge les Etats le 8 août 1593, — Appréciation de la conduite des États de la Ligue.
Mayenne et ses conseillers se flattèrent de dominer, de maitriser l'élan qui se produisait dans le peuple et dans le Parlement, et de le réduire aux proportions d’un moyen d'opposition et de défense contre les Espagnols. Ils voulurent battre Philippe IT avec l’aversion de la Ligue française pour la domination étrangère, et avec le diser eat dans lequel le roi catholique était tombé auprès des États; Henri IV avec l'attachement des États pour le catholicisme, et les traverses que jetteraient le légat et les Espagnols à toute proposition, à tout traité, RE à amener la reconnaissance et l'établissement du roi. |
Le lieutenant-général fit de particuliers et considérables efforts pour se concilier le Parlement, et pour le mêler, comme corps politique, aux discussions qui allaient s'ouvrir. Au lieu des deux Chambres nouvelles dont il avait projeté l'érection, lors de l’ouverturedes Etats, i résolut d’en créer une seule. Cette quatrième Chambre
412 LIV. Hi. CH. III. PROJET DE LA 4€ CHAMBRE REJETÉ PAR LES ÉTATS.
devait avoir dans les délibérations mème voix etmême pouvoir que les trois anciennes, et se composer en minorité des membres du conseil d'Etat, en majorité des membres du Parlement et autres cours souveraines. Par sa constitution et son origine, cette Chambre semblait devoir être acquise, res à Mayenne, et lui assurer l’avantage dans les délibérations des États, lors de la discussion sur l'élection et la royauté. De plus, le lieutenant-général pouvait espérer que le Parlement, accru par lui dans sa puissance politique , lui témoignerait sa reconnaissance , au moment où les décisions tue des États D portées à sa sanction et à son enregistrement. D’après ces calculs, Mayenne soumit la proposition aux Chambres le 27 mai, et provoqua la formation d’une commission pour l’examiner !.
La commission, composée de trois députés de chaque ordre, conféra. le 27 mai avec le conseil d'État sur la proon Mayenne et Jeannin revinrent jusqu’à trois fois à la charge pour amener les députés à concéder au Parlement le droit de former une quatrième Chambre. Ils échouèrent contre leurs répugnances, leurs réclamations, et le mandat qu'ils avaient recu, mandat portant qu'il ne serait rien changé à l’ancienne forme des États. Mayenne avait trop Fi de la faveur et du vote des États pour les mécontenter. Il céda à l’opposition de la commission, et à celle des Chambres, quand la discussion y fut portée quelques jours plus tard. Sa tentative ne donna donc pas au Parlement la prérogative politique qui faisait l’objet de sa plus vive ambition, et le Parlement en grande ma-
1 Regist. du Tiers, p. 208, 209; du clergé, p. 478, 480 ; de la noblesse. p. 610. — A la date du 27 mai, on trouve dans le registre du Tiers, p. 215, la preuve que Mayenne a fait proposer aux Etats, le 25 mai, d'établir une quatrième Chambre « sur l’advis donné aux Chambres » touchant son intention d'appeler les cours souveraines aux assem- » blées générales. »