‹ Histoire du règne de Henri IV (volume 3)Chapitre 435 sur 636 · LIV. 11. CH. HI. TÉMOIGNAGES DE HENRI ET DE VILLEROY · texte numérisé non relu

LIV. 11. CH. HI. TÉMOIGNAGES DE HENRI ET DE VILLEROY

» forts que les ennemis font tous les jours de nouveau ne

» vous fassent appréhender quelque sinistre accident en

» mon royaume, n'étant plus possible que les choses

» puissent subsister d’une ni d'autre part, sans quelque

» nouveau changement. Je vous puis bien assurer que

» l'assemblée de Paris a tellement avancé l'élection d’un

» nouveau ro1, qu'elle semble du tout inévitable, sans un

» extrême remède, et que la longueur de la guerre et les » ruines qui la suivent ordinairement ont formé tant

» d'opinions dans l'esprit de ceux qui jusqu'ici ont per-

» sisté dans mon obéissance, que je ne puis attendre que » de pernicieux effets. Sur quoi J'ai bien voulu envoyer » vers vous le sieur de Morlans, pour vous faire entendre

» les extrémités auxquelles mes affaires sont réduites 1. »

Et Henri évidemment était contraint de cacher une par-

tie de sa pensée et de ses Justes craintes, pour ne pas Jeter le découragement parmi ses alliés, et ne pas pousser lui-

même à ce qu'ils l’abandonnassent. Villeroy qui n’avaitpas les mêmes ménagements à garder, qui pouvait ex-

primer tout son sentiment, qui mesurait les effets et la portée de l'élection, a dit d’un manière excellente : «On » vouloit conduire les Estats conme insensiblement à l’é- » dection de l'Infante, et par conséquent à la ruine de » PEstat*.»

La France était donc arrivée à l’un de ces moments qui décident du sort d’une nation. Il y avait deux choses principales à faire pour l'empêcher de glisser dans labime ouvert près d'elle : épouvanter les peuples de la Ligue et accroître leurs souffrances par de nouveaux succès et de plus âpres incursions, afin de les contraindre

1 Lettres miss., 20 juin, au landgrave de Hesse et aux provincesunies des Pays-Bas, t. Hi, p. 805-807. Nous n'avons changé que l’orthographe.

3 Villeroy, Apol. et disc. p. 208 A.

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