GRANDS DEVOIRS IMPOSÉS AUX PARTIS ET AU ROI
à se jeter entre les bras du roi; les attirer en même temps d'une manière puissante par sa conversion au catholicisme. Cette partie de la grande tâche regardait Henri, et il avait déjà commencé à l’accomplir par son engagement solennel du 26 avrilet des 16 et 17 mai au sujet de la religion !. Arrêter par des actes d'opposition qui y fissent un obstacle sérieux, l’élection du roi; donner le temps à Henri d'arriver sans compétiteur jusqu’au moment de Vabjuration, laquelle ne pouvait avoir lieu avant le milieu du mois de juillet, puisque les prélats et seigneurs des deux partis n'étaient convoqués que pour cette époque ; telles ‘étaient les graves obligations qui incombaient aux Politiques, à la Ligue française, au Parlement et à la bourgeoisie de Paris et des provinces, aux députés de l’opposition nationale dans les États de la Ligue. Ni le roi, ni les saines parties de la Ligue ne faillirent aux pénibles devoirs que leur imposait la France, dans les redoutables circonstances où elle était jetée.
Pour se rendre un compte exact de ce que pouvaient ou ne pouvaient pas les Politiques, la Ligue française et le roi, et des circonstances au milieu desquelles il leur était donné de se mouvoir et d'agir , il faut remonter à un mois, et tracer le résumé des événements accomplis dans ce laps de temps. À peine connut-on à Paris la déclaration solennelle faite le 17 mai par les députés royaux à la Conférence de Surène, la grande concession de Henri au sujet de la religion qui renversait la barrière entre lui et ses sujets catholiques, les offres de trève et de paix qu’il y joignait, que les Politiques et la Ligue française à Paris firent chaque jour quelque eflort et quelque démonstration pour lui soumettre la ville et tout leur part, sortir de leurs misères, décider une réconciliation, méttre le royaume à l’abri des attaques de l'Espagnol. Une pre-
1 Voyez ci-dessus pages 406, 407.