LIV. II. CH. III. SIGNIFICATION DE L'ARRÊT A MAYENNE
le bras des Seize, assassins de Brisson, l'opposition du Parlement PET être vaincue par un coup d’État et par la violence !, Mais le Parlement et son arrêt avaient pour appui dans Paris le dernier vote de la Chambre de la noblesse, la faveur des Politiques et de la masse du peuple; au dehors, l’armée et les succès du roi.
L'arrêt, rendu le 28 juin, fut signifié le lendemain à Mayenne par vingt conseillers qui lui adressèrent en même temps des remontrances. Lemaistre portait la pa role. Dans la première partie de son discours, 1l établit par une argumentation serrée et vigoureuse que la loi Salique, destinée à préserver la monarchie du gouvernement des femmes et de la domination de l'étranger, était l’une de ces lois fondamentales qui ne pouvaient être prescrites par aucun temps, abolies par aucun pouvoir. Appliquée à chaque vacance du trône, toujours vivante et puissante, elle avait recu récemment une nouvelle consécration qui, sans rien ajouter à sa force, rappelait plus impérieusement la nation à son obéissance. Un arrêt du 22 décembre dernier, rendu par le Parlement en présence ef avec le concours de Mayenne, et par conséquent faisant loi, portait que les États-généraux seraient assemblés pour la déclaration et l'E n d’un roi catholique et français, suivant les lois du royaume : par ces termes mêmes, l’arrêt maintenait à la loi Salique toute sa puissance, consacrait l’hérédité, excluait l’élection. Le choix d’un roi, ainsi frappé d’illégalité dans son principe par le droit public de la France, se trouverait encore vicié par le petit nombre de députés présents aux États, par l'insuffisance de leurs pouvoirs pour un acte pareil, par l’absence des représentants du Languedoc, du
Mém. de Marillac, t. x1, p. 544 A. « Dans ce temps, le péril étoit » si évident qu'il failoit s’exposer à toute chose extresme pour oser » quelque chose de semblable. »