LIV. II. CH. HI. IL REVIENT SUR SA PAROLE. LA COMBIN. ECHOUE
hommes d’État du parti, depuis le départ de Villeroy, La Chastre combattit la nouvelle proposition avec une inébranlable fermeté. Il soutint qu’elle n’était qu'une ruse des Espagnols pour obtenir sur-le-champ une élection et une royauté de l’Infante ; que quand elle serait faite, ils ne tiendraient leurs promesses n1 au duc de Guise, ni à Mayenne; que Philippe ne marierait jamais sa fille qu’à un prince de la maison d'Autriche; que la facilité avec laquelle ses ministres avaient en quelques jours changé au sujet de l’Infante, de l’archiduc Ernest, du duc de Guise, accusait de reste et le peu desérieux qu'ils avaient mis ne leurs propositions, et le peu de fond qu’on devait faire sur leur parole.
Les réflexions de La Chastre, et le mot divulgué des docteurs de Sorbonne au légat qu’il fallait hardiment tout promettre à Mayenne, sauf ensuite à ne lui rien tenir, ramenèrent Mayenne de l’entrainement et de la sécurité à la défiance : bientôt le dépit de se voir préférer son neveu pour la royauté, fortement entretenu et excité chez lui par sa femme et par la duchesse de Montpensier, domina tous les autres sentiments, et il traversa dès lors, même avec passion, les ouvertures et les propositions des ministres espagnols. Dès Le 20 juillet, la nouvelle combinaison avait échoué : le projet d'élection, de royauté et de mariage du duc de Guise et de l’Infante, était évanoui comme tous les précédents. Le 20 juillet, dans une réunion où se trouvaient les chefs de la Ligue et les délégués des États, et où furent appelés ensuite Fi: ministres de Philippe IE, Mayenne présenta au due de Féria la réponse à la dernière proposition des Espagnols délibérée et arrêtée peu auparavant par les membres de la réunion. Elle portait : « Que Mayenne rendoit de très humbles grâces au roi » catholique pour l'honneur qu’il avoit fait aux princes » de sa maison; mais que n'ayant aucunes forces pour