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CHAPITRE IV

État intérieur du parti royal. Dernier complot du Tiers-parti. Oksessions des catholiques ardents et des grands Seigneurs. Abjuration du roi. La trève imposée à Mayenne. (De la fin de juin au 1er août 1393).

À la fin de juin, Mayenne offre au jeune cardinal de Bourbon de s’unir et de s’allier avec lui. Dernier complot du Tiers-parti contre l’autorité du roi. D’O presse Henri d’abiurer sans délai : le roi refuse et renvoie l'instruction et la conversion à l’époque précédemment fixée par lui. Les événements de la guerre et les intrigues des partis donnent gain de cause au roi dans sa résistance. Îl repousse également les prétentions des catholiques ardents et des grands seigneurs, attentatoires à la liberté civile des huguenots et à l’autorité royale. — II prévient le concert de la Ligue et de l'Espagne, et l'élection d’un roi, par des actes décisifs. Appui que lui donne en cette circonstance le clergé gallican. Les conférences pour la conversion du roi s'ouvrent à Mantes : les prélats et docteurs, déjà arrivés dans cette ville, et les ministres protestants y prennent part. Le 45 juillet, Henri fait une première démarche solennelle, annonçant sa prochaine réunion à l'Église. L'assemblée des prélats et docteurs se transporte de Mantes

à Saint-Denis, et s’y complète. — Opposition du légat, dans l’intérét espagnol à l'instruction et à l’absolution du roi. Vains efforts, faits par le cardinal de Bourbon, pour y apporter empêchement. — Déclaration préalable, en date

du 22 juillet, des prélats et docteurs réunis à Saint-Denis : imposante autorité qu’ils lui donnent. — Instruction du roi, le 23 juillet, dans une conférence de cinq heures. Rapide succession de sentiments et d’idées par laquelle il passe. Motif déterminant auquel il s'attache dans cette discussion. Il: annorce sa résolution d'abjurer, et d’aller à Ja messe le dimanche suivant. Confession de foi et formule d’abjuration, dressée par les prélats et docteurs, et ensuite modifiée. Amers regrets de Henri en quittant sa religion : il proteste, et il prouve par un acte important, qu’il protégera la liberté religieuse et la liberté civile des calvinistes — Le 25 juillet, il se présente à l’église de Saint-Denis, abjure, et reçoit l’absolution-de l'archevêque de Bourges. Transports de joie que sa réconciliation avec l'Église excite chez les habitants de Paris et des campagnes euvironnantes. Annonce et prélude de la révolution politique qui va s opérer. Le roi satisfait au second désir de son peuple, en contraignant Mayenne à la trève, signée le 31 juillet, et publiée à Paris le 4°r août.

Nous n’avons pas encore épuisé la longue et triste énumération de toutes les tentatives faites par les passions égoiïstes, par les ambitions coupables, pour se satisfaire au détriment des grands intérêts et mème du salut du pays. Le part royal fournit un supplément aux intrigues et aux excès de la Ligue.

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