‹ Histoire du règne de Henri IV (volume 3)Chapitre 465 sur 636 · DERNIER COMPLOT DU TIERS-PARTI · texte numérisé non relu

DERNIER COMPLOT DU TIERS-PARTI

Henri avait fixé le milieu du mois de Juillet comme l’époque où il devait accomplir la promesse d’abjurer, faite par lui au mois d'avril. A l'approche de cet acte décisif, qui devait à la fois lui gagner les catholiques sincères de la Ligue et réduire à néant le Tiers-parti, cette faction fit une dernière tentative pour lui arracher le pou voir. Nous avons vu que Mayenne, dans les derniers jours du mois de juin, cherchant en ce moment un compétiteur pour l'élection, un rival pour la royauté à l’Infante, avait proposé au jeune cardinal de Bourbon de s’unir et de s’allier avec lui. Le Tiers-parti résolut alors de faire reconnaitre roi le cardinal par les seigneurs qui dépendaient directement des princes du sang, et par les villes où 1ls avaient autorité, de passer à la Ligue, de lever l’étendard contre Henri. Le roi fut informé par d’O, en termes grossiers, de l'intrigue et de l’entrenrise, au moment où après avoir réduit la ville de Dreux, il était pénibiement arrêté au siège de la tour Grise et du château de cette place. DO lui dit : Que le Tiers-parti allait monter à cheval ; qu’il s'agissait pour lui de renoncer à la couronne, ou de prendre la résolution d’ouir galamment une messe dans les huit jours. En cédant, le roi aurait échappé au péril du moment; mais il aurait eu la honte d’abjurer par nécessité et sur l'ordre de ses ennemis. [l pensa qu’un succès militaire qu'il hâtait par de prodigieux efforts, exposant chaque jour sa vie, et restant jusqu’à deux fois vingtquatre heures de suite dans la tranchée !, intimiderait le Tiers-parti, et selon toute apparence arrêterait sa prise d'armes; que la mobilité des projets et des intrigues de ses ennemis, pouvait d'une heure à l’autre enlever au

1 Lettres missives des 23 et 26 juin, t. 111, p. 808, 811. « Vous avés » cuidé perdre vostre serviteur, depuis le partement d’Esternay, d'un » coup de faucon... Jay esté toute ceste nuict en garde, et y seray » encore an huy. Je m'en vais dormir accablé de sommeil. »

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