PRÉFACE. LI
ülité. Son originalité est d’avoir produit dans l’éloquence politique, sous la forine satirique et sous la forme sérieuse, des chefs-d'œuvre que les deux époques suivantes n'auront pas.
Il ne nous serait pas difficile de prouver que dans les histoires générales du règne de Henri IV, l’histoire particulière des Beaux-Arts n’a pas été traitée avec plus d’exactitude que l’histoire des partis entre 1589 et 1594. Pour donner aux chapitres de notre ouvrage qui traitent de l'architecture, de la sculpture et de la peinture, lexactitude et'la plénitude désirables, nous avons consulté quelques précieuses inscriplions encore subsistantes, des plans du temps, les témoignages des historiens contemporains et ceux des auteurs venus immédiatement après, les recherches des modernes jusqu'aux travaux d’une critique si sûre et si élevée dont nous sommes redevables à M. Vitét. Nous avons complété lesrenseignements que nous avions à recueillir, en examinant à diverses reprises et avec la plus grande attention ceux des monuments qui subsistent encore aujourd’hui.
Avec l’aide de ces secours, nous avons pu présenter l’énumération de toutes les œuvres d'art de quelque importance, exécutées sous ce règne ; assigner une date certaine à la plupart d’entre elles; dresser la liste de tous les artistes qui se sont fait un nom; indiquer toujours, souvent décrire, les prineipaux produits des àrts; préciser l’état, et signaler les progrès de Parchitecture, de la sculpture, de la péinture, qui peuvent se formuler peut-être d’une manière exacte en ces termes. L'architecture donne une continuation, sinon très pure, au moins élégante et variée dans la forme, de l'architecture de la Renaissance : elle y ajoute les premiers essais dans un genre très admiré par les uns, attaqué par les autres, mais à coup sûr nouveau et fécond. La sculpture offre une forte et belle transition entre la période de Goujon et de Pilon, et celle de Coysevox et de Puget. La peinture, par des fresques et des toiles, admirées, dit Sauval, de tous les connaisseurs de son temps, et quel temps! s’approprie noblement les genres mythologique
Vair, de Henri IV, de Biron, en diverses circonstances et sur des sujets très divers.