‹ Histoire du règne de Henri IV (volume 3)Chapitre 474 sur 636 · LIV. III. CH. IV. LE ROI SERA ABSOUS PAR LES PREÉLATS FRANÇAIS · texte numérisé non relu

LIV. III. CH. IV. LE ROI SERA ABSOUS PAR LES PREÉLATS FRANÇAIS

compétence des évêques, comme le concile de Latran Pavait décidé. Qu'en supposant que le pape eüt le droit de se réserver la connaissance du crime d'hérésie, ce dont on ne convenait pas, le concile de Trente avait autorisé les évêques à absoudre les coupables, au moins en ce qui regardait le for intérieur de la conscience, même dans le cas réservé au pape et dans le crime d’hérésie. Qu'il était constant qu’un homme excommunié pour quelque crime que ce fût, dont la connaissance était réservée au Saint Siège, pouvait être absous par son évèque, si un obstacle légitime l’empêchait de se présenter au pape, pourvu qu'il s’'engageàt à le faire dès que l'obstacle cesserait ; et que lempêchement existait de reste pour le roi, retenu par la guerre, par les soins du gouvernement, par la cerütude de trouver le pape livré actuellement aux suggestions de l'Espagne et de la Ligue. Qu’enfin le roi étant homme, partant mortel, et plus mortel que tout autre, puisqu'il allait sans cesse au péril, ne pouvait être écon— duit de sa sainte intention , exposé au danger de périr avant d’être rentré dans l'Eglise ; ni l'Eglise perdre l’oc— casion de voir un si grand prince se réunir à elle. Puis sortant du droit et de la théologie, pour entrer dans la situation et dans la politique, dans les dangers et les besoins de la France, les évêques et les docteurs déclarèrent en terminant qu'après plusieurs combinaisons échouées, les ennemis de Henri restaient assemblés à Paris pour lélection d’un roi; que si l’on temporisait davantage, l’on introduirait le démembrement de l'Etat et le schisme dans l'Eglise ; que l’opposition faite par le légat à la conversion du roi ne pouvait être considérée que comme la manœuvre d’un partisan déclaré de l'Espagne, et qu’elle ne pouvait enchainer un seul instant la Hberté de leurs déterminations. En conséquence, l’assemblée arrêta que les évêques français avaient le droit d’absoudre

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