LA MAJORITÉ NATIONALE PASSE AU ROI
à la misère publique. Dès lors, l’opinion fut pour lui et la majorité nationale passa de son côté. Cette majorité se composa des Politiques parmi les catholiques et les huguenots, hommes supérieurs à leur temps, qui séparaient la religion du gouvernement et reconnaissaient Henri pour roi légitime, quelle que fût sa croyance : Rosny et : * La Force furent les représentants des Politiques parmi les huguenots. La majorité se composa encore du Tiers-parti, qui tenant pour les droits de la maison de Bourbon contre les Guises et les Espagnols, se trouvait fatalement amené à obéir à Henri, dès qu’il n'avait plus contre lui l’objection de son hérésie. Enfin, la dernière et la plus considérable partie de la majorité était la Ligue française, qui n'était également séparée de lui que par la religion, et qu'il venait d’attirer par son abjuration. Entre les ligueurs, les plus difficiles purent bien attendre, les uns, son sacre, les autres son absolution par le pape, comme complément indispensable pour eux de son catholicisme ; mais la masse se soumit à lui de cœur et d'intention, aussitôt après qu'il fut réconcilié à Eglise par les prélats francais. Les peuples, pour abandonner le parti de l'Union, n’attendirent plus, les uns que la fin de la trêve, les autres qu’une occasion favorable. Ces dispositions étaient celles de Paris et celles de beaucoup d’autres villes. Dès que Henri obtint la majorité nationale, il eut cause gagnée: dans l’appui que lui donnait cette majorité, 11 devait trouver et il trouva la force nécessaire pour vaincre toutes les factions et les mettre à ses pieds.