CHAPITRE L
Le parti royal et la Lique pendant la tréve (du 1er août au 31 décembre 1593 )
Causes de la dissolution de la Ligue. L’une de ces causes sont les écrits des Politiques : impression produite par la Satire Ménippée en particulier. — Prodigieux efforts du clergé ligueur pour empécher les effets de l’abjuration du roi et pour retenir le peuple dans la révolte, Boucher, les prédicateurs et les moines attaquent partout la sincérité et la durée de la conversion de Henri. Ils essayent de le faire assassiner : attentat de Barrière (août 1593). — Premières défections dans la ligue, pendant la trêve. Boisrozé livre au roi Fécamp et Lillebonne ; Balagny traite pour Cambrai (août et novembre 1593). — Révolte de Lyon contre son gouverneur Nemours, préliminaire de la réduction de cette wille (18 septembre), — Le roi hâte la dissolution de la Ligue, ef développant les dispositions favorables à son égard des ligueurs français par sa conduite dans les affaires religieuses. Ses promesses de persévérer dans le catholicisme : ses lettres au pape Clément VIIT : ambassade du duc de Nevers à Rome pour obtenir la ratification de l’absolution. Dispositions des peuples d’après le témoignage de Sully. — Les résolutions prises par divers seigneurs durant la trêve hâtent la défection dans la Ligue. Vitry annonce à Mayenne que le roi étant catholique il est décidé à embrasser son parti (novembre). Exhortations de Villeroy et lettre de La Chastre à Mayenne, à la fin de la trêve, pour l’engager à faire la paix avec Henri et à le reconnaitre pour roi. Les partisans de l'Espagne dirigent en. même temps de violentes et continuelles attaques contre Mayenne. Publication du pamphiet le Dialogue du Manant et du Maheustre. Philippe IT indique ainsi ses véritables intentions. — Maïgré les sollicitations de ses amis et les manifestations hostiles de l'Espagne, Mayenne persiste dans le projet de conserver les pouvoirs attachés à la lieutenance-générale, et de porter son fils au trône avec l’Infante Claire-Eugénie. ‘Tandis qu’il entretient les négociations avec le roi, et témoigne vouloir conclure la paix, il envoie ses émissaires à Rome pour engager le pape à ne pas ratifier l’absolution de Henri, et à Madrid pour persuader à Philippe IT de se prêter à la combinaison qu’il met en avant. — Les chefs et les villes de la Ligue française instruits de ces démarches prennent