LIV. IV. CH. I. LETTRES ET AVIS LOYAUX DES SEIGNEURS A MAYENNE
» de la Ligue, et qu’étant le roi catholique, il ne pouvait » être autre que son serviteur !. » Villeroy, qui avait découvert le pacte et le serment du 23 juillet, épuisa les plus solides arguments de la raison, de la saine politique,
du patriotisme, pour engager Mayenne! à rompre ses engasgements avec l'Espagne et à se tourner du côté du roi. I lui exposa de vive voix et à deux reprises les faits et les raisons qu’il consigna quelque temps après par écrit dans une lettre. Comme elle peint vivement la situation, les sentiments des seigneurs de la Ligue française et des villes, nous en citerons les principaux passages. « Nous » vous demandons une négociation de bonne foi, publi- » que et authentique... Vous estimez ce chemin être trop » périlleux et honteux. Je crois, pour mon regard, non- » seulement qu'il ne peut être que très-sür et utile au » général, à votre particulier très-honorable et à votre » grande décharge, mais aussi qu'il vous est unique et » qu'il ne vous en reste point d’autre pour arrèter le mal » qui nous presse. Monseigneur, je vous dis ceci fran- » chement, comme ami de la patrie, jaloux de la conser- » vation de notre religion et de votre réputation et ser— » vice. Chacun est las de la guerre, et il ne sera plus à » l’avenir question de la religion : il ne sera plus en votre ) puissance de vous De et conserver et bien faire à » vous-même. Je ne vous dirai les raisons sur lesquelles » ils se fondent, car vous les scavez et sentez mieux que » personne ; mais croyez, Je vous supplie, qu’il y a peu » de gens qui prennent plaisir de se perdre de gaieté de » cœur, et d'épouser un désespoir pour le reste de leur » vie et de leur postérité. Les bonnes villes et commu » nautés sont le plus bandées à la paix, comme celles qui » se trouvent déchues de l'espérance qu’elles avaient con- » Que de cette guerre, et en supportent plus le tourment
| Manifeste de Vitry dans Cayet, 1. v, p. 598 À.