POUR LE SUCCÈS DE L'ENTREPRISE
étaient partout aidées, partout grossies sur leur passage par la garde bourgeoise. La révolution de Paris, fut donc un soulèvement de la bourgeoisie, secondé seulement par un corps de troupes régulières ‘. Le 19 mars, dans une réunion secrète qui eut lieu à l’Arsenal, Brissac, le prévôt des marchands, les colonels et capitaines sur la foi desquels on pouvait compter, les membres du Parlement Lemaistre, Molé, Damours, Du Vair arrètèrent d’une manière précise le plan et l’ordre que l’on suivrait pour l’occupation de Paris. Peu de jours auparavant, à l'instance des Seize, toutes les portes de Paris, hormis celles de Saint-Antoine et de Saint-Jacques, avaient été terrassées, gabionnées et fermées. On convint que la veille de l’exécution, Brissac et Lhuillier, sous prétexte de la faire murer, et de n’avoir plus de surprise à craindre de ce côté, débarrasseraient la Porte-Neuve ; qu’au commencement de la nuit, ils dégageraient la porte Saint-Denis. On arrêta que la nuit de l'exécution, Brissac et Lhuillier se saisiraient, avec des gens armés de la Porte-Neuve, Langlois de la porte Saint-Denis ; qu'ils y mettraient des corps de garde à leur discrétion, et intro duiraient les royaux dans la ville par ces deux endroits. Qu'en même temps, le capitaine Grossier, avec des bourgeois et les bateliers de la Seine, dont 1l disposait, ferait entrer du côté de l’Arsenal les garnisons de Corbeil et de Melun descendues par le cours de la rivière. Que les détachements royaux, aussitôt introduits par la Porte- Neuve et la porte Saint-Denis, se joindraient à la garde bourgeoise et occuperaient les deux côtés des remparts; que de la Porte-Neuve, on marcherait en toute hâte sur la porte Saint-Honoré, occupée par Néret, et qu’on la déboucherait.. Que les bandes unies des royaux et des
1 P. Cayet, d’après le récit contemporain, 1. vr, p. 564 B.— Davila, L. XI, p. 471, 472, — Mezeray, p. 1075. — Lestoile, p. 218 A.