‹ Histoire du règne de Henri IV (volume 3)Chapitre 532 sur 636 · SUITE ET FIN DE L’OCCUPATION DE PARIS · texte numérisé non relu

SUITE ET FIN DE L’OCCUPATION DE PARIS

bouger de leurs quartiers, à sortir de Paris dans le jour, à promettre de ne plus porter les armes contre lui dans la guerre de France. Ils acceptèrent avec reconnaissance les conditions proposées, et les jurèrent. Cette capitulation acheva de mettre sous la loi de Henri toute la partie de Paris située sur la rive droite de la Seine.

Cependant au-delà de la rivière, et dans la partie de Paris nommée l’Université, on ne savait encore que confusément l'entrée du roi dans la ville, et l’on ignorait ses succès. Là les étrangers et les Seize firent une tentative de sérieuse résistance, en s’emparant de deux des portes de Paris, qui étaient alors de véritables citadelles.

Les Napolitains, au nombre de douze cents, se saisirent de la porte Bussy, et leur chef se disposa à repousser les attaques que l’on dirigeait sur ce point. Les Seize , soutenus par les Minotiers, dont on comptait plusieurs mille dans l’Université, s'attroupèrent autour de la porte Saint- Jacques. Deux autres bandes d’insurgés, l’une commandée par Crucé, l’autre par Hamilton, curé de Saint-Côme, avaient dessein de se réunir à eux. Tous ensemble devaient s'emparer de la porte Saint-Jacques et s’y fortifier. Mais ils ne purent se joindre et exécuter leur résolution. Hamilton, parti de Saint-Côme, armé lui-même, et entouré d'hommes armés, trouva sur son passage, rue des Mathurins Saint-Jacques, le conseiller Du Var, qui dès la veille avait réuni et placé des soldats de la garde bourgeoise à l'hôtel Cluny et aux Mathurins. Du Var, secondé dé ses soldats, dissipa la bande du curé, et le renvoya lui-même dans son église prier Dieu pour le roi. La troupe de Crucé, et les factieux rassemblés près de la porte Saint-Jacques, furent attaqués par les royaux avant d’avoir pu réunir leurs bandes et rien commencer de sérieux. Les enfants de Paris, que l’on retrouve dans les grands mouvements de toutes les époques, et une multi-

Page 1