LIV. IV. CH. I. LES TROUPES ESPAGNOLES QUITTENT PARIS
tude de peuple avaient franchi le pont Saint-Michel, et s'étaient précipités sur le quartier de l’Université aux eris mille fois répétés de La paix! la paix! Après avoir parcouru la rue de la Harpe et celle des Mathurins, ils trouvèrent, à l’extrémité de la dernière, Brissac, le seigneur de Humières, le prévôt des marchands, avec des gendarmes à pied, qui avaient pénétré dans l'Université par un autre point. La force militaire et le peuple réunis formaient déjà un corps considérable; ils ne tardèrent pas à recevoir un important renfort. C’étaient les con— seillers du Parlement et de la Cour des comptes Damours, Marillac, Boucher-d’Orcay qui, accompagnés d’un nombre considérable de bourgeois armés, descendaient de Sainte- Geneviève par la rue Saint-Étienne des Grès. : Tous ensemble, 1ls mirent en fuite les deux troupes de factieux. Peu après, les Napolitains et leur colonel Alexandre del Monte, qui s'étaient saisis de la porte Bussy, recurent l'ordre du duc de Féria de se soumettre à la capitulation consentie par lui : ils obéirent et abandonnèrent cette porte.
Dès lors le quartier de l’Université, où 1l y avait eu le plus de bruit et de tumulte, fut aussi paisible que les autres, et vers midi les trois parties de la ville étaient entièrement réduites sous l’obéissance du roi, qui dina au Louvre. A trois heures, la garnison espagnole à laquelle Philippe Il avait commis, depuis 1591, la garde de sa bonne ville de Paris, évacuait la capitale et prenait le chemin des Pays-Bas. Henri assista à son départ, placé à une fenêtre au haut de la porte Saint-Denis, entouré de sa noblesse et de ses gardes. En défilant devant lui, les étrangers, qui lui devaient la vie, s’inclinaient respectueusement., IL vit passer à leur rang le duc de Féria, Diego d’Ibarra et Taxis, les trois ministres de Philippe IF, qui, par leurs actives intrigues, avaient le