‹ Histoire du règne de Henri IV (volume 3)Chapitre 534 sur 636 · L'ORDRE EST RÉTABLI : LA CONFIANCE RENAIT À PARIS · texte numérisé non relu

L'ORDRE EST RÉTABLI : LA CONFIANCE RENAIT À PARIS

plus traversé sa fortune du vivant du duc de Parme, et qui en dernier lieu avaient le plus travaillé, dans les États de 1593, à le chasser du trône pour y placer l’Infante. Il leur rendit leur salut comme aux autres et leur dit : Recommandez-moi à votre maître. Allez-vous-en, à la bonne heure, mais n'y revenez plus.

La reprise de la capitale de la France sur les étrangers, les Seize et les Minotiers, n'avait coûté la vie qu’à une cinquantaine de lansquenets sur le quai de l’École, à deux Francais dans la rue Saint-Denis , et à deux autres dans la Cité. Toute violence contre les habitants avait été défendue aux soldats royaux sous peine de la vie, et pas une seule n’avait été commise : chacun des citoyens avait été respecté dans ses biens, dans sa vie, dans son honneur. Dès midi, l’ordre était si bien rétabli et la confiance tellement revenue, que l’on eût cru que le roi était entré dans Paris au milieu d’une paix assurée : les boutiques étaient ouvertes, les marchands à leurs comptoirs, les ouvriers et artisans à leurs ouvrages ordinaires. L’amnistie accordée aux Se1ze fut observée scrupuleusement : pas un seul d’entre eux n’expia par le supplice ou la prison ses excès politiques; cent vingt seulement des plus furieux furent bannis pour assurer la vie du prince et la paix publique : il n’y eut de recherchés et de punis, en petit nombre, que ceux qui s’étaient rendus coupables de crimes dans l’ordre civil. Dès son entrée à Paris, Henri avait donné des gardes au légat du pape et à l’archevèque Pelevé, pour les garantir contre le courroux de la multitude. Il avait aussi généreusement garanti leur liberté, leurs biens, leur état à madame de Nemours, mère des Guise, et à madame de Montpensier, sa mortelle ennemie, qui, à la nouvelle qu’il était entré à Paris, avait demandé le matin qu’on lui donnât d’un poignard dans le cœur : le soir il conversait familièrement. et jouait aux cartes

Page 1