LIV. IV. CH. II. LA BASTILLE ET VINCENNES RENDUS AU ROI
avec elle. La haine de cette femme céda à tant de clémence, cachée sous tant de courtoisie et de familiarité. Le légat et Pelevé persistèrent dans leurs sentiments hosiles. Le légat, après avoir pris quelques jours pour mettre ses biens en sùreté, sortit de Paris et du royaume sans vouloir avoir une entrevue avec le roi. Pelevé ma lade, et renfermé dans l’hôtel de Sens, mourut le samedi suivant dans les transports d’une folie furieuse, au milieu desquels il criait sans cesse : « Qu’on le prenne! qu’on le prenne! » Quatre jours après son entrée à Paris, Henri recut à composition la Bastille et le château de Vincennes, et se vit alors complétement maitre de la capitale (26 mars) !.
+ À chaque ligne que l’on vient de lire, on a pu remarquer que la réduction de Paris avait été l’œuvre en commun du roi, des Politiques, des Ligueurs français, aidés par l’assentiment et le concours de la masse de la population ; que Henri avait par conséquent repris cette ville, comme il le désirait en 1590, lors du blocus, non en conquérant, mais en vrai roi qui recoit ses sujets égarés à pardon, comme on s’exprimait alors, ou en chef de l’État qui se rapproche de ses concitoyens. Nous avons emprunté les détails de la reddition de Paris à dix contem-— porains, dont cinq furent témoins oculaires , et qui tous déposent de la même manière !. Les historiens les plus
! Pour les sept paragraphes relatifs à la réduction de Paris, voyez l’auteur des Mémoires de la Ligue, Avertissement en tête de l’édit du roi, t. vi, in-4°, p. 57. — Lestoile, Registre-journal. Premier Suppléinentaire de Lestoile. Deuxième Supplémentaire, p. 209 A, 214 B, 215 B, de 217 à 230. — Legrain, Décade, 1. vi, p. 275-283. — P. Cayet, 1. vi, p. 565-569, d’après les relations contemporaines le plus circonstanciées comme il le témoigne. — Matthieu, Histoire de Henri IV, L 1, p. 173-175. — Sully, c. 48, t. 1, p. 141, édit. Michaud. — D’Aubigné, 1. 1v, ©. 3, t. III, p. 384-338. — Thuanus, I. cix, 8S #4, 5, p: 350-353. De ces contemporains, nous ne citons que quelques-uns des passages les plus importants relatifs au petit nombre de troupes dont le roi