LA VÉRITÉ HISTORIQUE SUR LA RÉDUCTION DE PARIS
récents nous parlent d’une occupation violente de Paris, de l'entrée d’un chef armé de toutes pièces, et la dague au côté, entouré de vieux arquebusiers à l’œil farouche, au teint basané, lesquels font feu sur des habitants qui fuient ou se précipitent dans la rivière !. Le récit de ces historiens est une confusion erronée en un point, et, en tous les autres point, un roman. Ils confondent l’engagement partiel qui eut lieu sur le quai de l'École, avec ce qui se passa dans tous les autres quartiers, dans toutes les rues de Paris : ils confondent encore cinquante lansquenets, cinquante étrangers, avec deux cent mille habitants. Dans tout le reste, leur narration n’est qu’une pure invention, qu’une fable inventée à plaisir pour dénaturer à Ja fois la conduite du roi et celle des Parisiens. Ce roman repose sur une” impossibilité. En effet, dans son entreprise sur Paris, le roi ne disposait pas de plus de quatre mille soldats. Quatre mille soldats ne viennent pas à bout de quatre ou cinq mille hommes de garnison, et d'une population de deux cent mille âmes, qu'ils traitent en ennemie , et à laquelle ils mettent par conséquent les
disposait et au concours que lui prêtèrent partout les bourgeois et le peuple. « Ce fut une chose remarquable que quatre mille hommes à » pied et à cheval, entrez les armes au poing dedans ce monde de » Paris, imposassent en moins de rien silence à la Ligue...; que tout » le peuple se mesla incontinent parmi les gens de guerre et autres » entrez avec le roy, en toute telle privauté que s’ils eussent tous jours » demeurez ensemble, faisant retentir les rues de cris de joie et de » merveilleuse allégresse, autant que s’ils feussent échappez des mains » d’un bourreau, pour revoir la face de leur père et de leurs meilleurs » amis. » — «Après qu’il eut occupé, ou fait occuper par les capitaines » de quartier royalistes, le Louvre, lé Palais, le grand Châtelet, — » Lhuillier, prévôt des marchands, Langlois, échevin, et bon nombre » d’autres accompagnés de héraults, trompettes et gens de toute sorte, » couroient et alloient en tous les quartiers et rues de la ville, dont » ils s’assuroient par les capitaines et bons bourgeois. »
1 M. Sismondi, et les historiens modernes qu’il cite et dont il adopte les récits et l'opinion , dans son Histoire des Français, L. XXI, p. 263,