LIV. 1V. CH. HI. LA VÉRITÉ HISTORIQUE SUR LA RÉDUCTION DE PARIS
armes à la main. La fureur de faire du nouveau et surtout l’esprit de parti, dénaturent les événements et les caractères, détruisent la vérité et ju à la vraisem-— blance.
Dans la révolution de Paris, comme dans celle de Lyon, comme dans celle de Marseille plus tard, et de toutes les grandes villes de la Ligue, le peuple invoqua la liberté, non sans raison. En effet, quel joug est plus odieux, plus intolérable que celui des étrangers et des factieux exploitant l'anarchie à leur profit? La fin de leur règne était donc une délivrance. Les populations le sentaient, et les contemporains l’exprimaient vivement. L'un d'eux parle en ces termes : «Après cette sortie d’étran- » gers, furent faits feux de joie et grandes réjouissances » par les rues de Paris, et en tous les quartiers de la » ville, avec cris de : Vive le Roy! vivent la paix et la » liberté! Tous les bons bourgeois, le moyen et le menu » peuple étaient fort contents de se voir hors d’esclavage, » et de la faction et gouvernement des Seize, et remis en » liberté dans leurs honneurs et biens , délivrés de la ty— » rannie des Espagnols et étrangers, estimée très dure et » insupportable aux Français !. »
La réduction de Paris est le dernier acte des Politiques de cette ville et des Ligueurs français qui, depuis la fin de 1591, étaient passés aux Politiques. Leur effort com-— mun contribuait puissamment à donner pour dénouement à la situation la fin de la guerre civile et ia pacitication de l’État. Les premiers terminaient dignement leur tâche. Les seconds rachetaient la faute immense qu'ils avaient commise au mois de mai 1588, et au mois d'août 1589, lorsqu'ils s'étaient rangés du côté de l’insurrection et de l'intolérance; contre le pouvoir légitime et la liberté de conscience. [ls s’étaient sauvés d’autres
1 Lestoile, Supplément, p. 225 À, S 5.