SON SERMENT ET SA DÉCLARATION DU © AVRIL
valent des pensions du parti lorrain et de l'Espagne. Pendant les derniers jours de mars, ceux qui persistèrent dans leur haine et dans leurs emportements, tels que Aubry et Boucher; ceux qui, indépendamment des excès politiques, s'étaient souillés de vols et de meurtres et se trouvaient passibles de la justice civile, s’exilèrent volontairement ou furent compris dans la liste des bannis. Le 22 mars, soixante sortirent de Paris, avec la garnison espagnole, et se retirèrent en Flandre sur les terres du roi d’Espagne : le 30, cent-huit bourgeois, dix curés, prédicateurs et moines des plus ardents parmi les Seize, eurent à s’éloigner temporairement. Dès lors 1l ne restait plus que le clergé politique ou éclairé, et la portion du clergé ligueur qui craignait le pouvoir et qui se conduisait par son intérèt.
Füen ne s’opposait plus à ce que l'autorité de Henri füt acceptée et reconnue par les ecclésiastiques comme par les autres ordres de citoyens. Le 2 avril, la Sorbonne se rendit en corps auprès de lui, lui offrit ses hommages et l’assurance de sa fidélité. En même temps Commolet, Guincestre et d’autres prédicateurs, de ligueurs forcenés devenus tout à coup royalistes !, recommandèrent dans
1 Lestoile et son Supplément, p.224 B pour la sortie de Boucher et de soixante moines et prédicateurs; p. 228 B, 229, 230, pour le bannissement des cent huit bourgeois et des dix curés prédicateurs et moines ; p. 230 B pour la Sorbonne et les prédicateurs ligueurs devenus royalistes : « Ce jour, ceux de la Sorbonne en corps allèrent saluer le » roy. Il leur dit qu’il avoit envie de réunir par la douceur tous ses . » subjects, principalement ceux de l'Eglise; mais singulièrement leur » corps et faculté, laquelle il honoroït et aimeroit toujours. De quoy, » messieurs nos maistres s’en allèrent fort contents, disant autant de » bien de sa majesté, comme peu auparavant ils en avoient dit du » mal. Commolet et Incestre (Guincestre) de grands ligueurs devenus » royaux, ou pour le moins feignant de l’estre, recommandèrent fort » en leurs sermons la personne du roy, nostre sire, principalement » Incestre, qui s'estendit si avant sur les louanges de sa majesté, » qu'on pensoit qu'il n’en dust jamais sortir. » — Thuanus, |. CIx, BOT LCV, p.357.