LIV. IV. CH. III. PALINODIE DE PLUSIEURS PRÉDICATEURS DE LA LIGUE
leurs sermons sa personne, et ne tarirent plus sur ses éloges. Le 22 avril, la Sorbonne, les quatre facultés de l'Université, les curés, les ordres religieux prétèrent serment à Henri, et signèrent une déclaration portant qu'il était vrai et légitime roi; que tous ses sujets étaient tenus de lui obéir, quoique ses ennemis eussent empêché jusqu'alors le Saïñt-Siége de le recevoir dans la commu nion de l'Eglise; qu’ils renonçaient eux-mêmes à toute ligue et association, et qu’ils déclaraient excommuniés, coupables de haute trahison et ennemis publics, tous ceux qui pensaient ou agiraient autrement. Cette déclaration eut alors une haute importance, parce que les ennemis du roi s’efforçaient de persuader qu’on ne pouvait lui obéir avant qu’il eût été absous par le Pape et reconnu pour fils ainé de l'Eglise. Déjà un schisme éclatait parmi le clergé, et 1l était à craindre qu’on ne parvint à détacher du roi les plus pieux et les plus timorés d’entre les laïes. Ce danger était autant que possible prévenu et combattu par la déclaration et par le serment !.
Quatre ordres religieux d’origine étrangère, auxquels la France avait imprudemment ouvert son sein, et qui la payaient de son hospitalité et de ses bienfaits en entretenant chez elle la guerre civile, après l’y avoir allumée dans l'intérêt de Philippe IL et des Guises, quatre ordres religieux, les Jésuites et les Capucins à Paris, les Jésuites, les Ce les Chartreux, les Minimes en province, refusèrent d’adhérer à la déclaration de la Sorbonne et au serment prescrit par elle. Ils dénièrent à Henri la qualité et l’autorité de roi jusqu’à ce qu'il fût relevé et admis par le pape. Henri restait donc hérétique et usurpateur, par conséquent en butte à la légitime révolte des
1 Le texte de la déclaration et du serment dans les Mém. de la Ligue, t. vi, p. 88-95. — Suppl. de Lestoile, p. 233-235, — P. Cayet. 1. vi, p. 571-573,