‹ Histoire du règne de Henri IV (volume 3)Chapitre 548 sur 636 · RÉVOLTE PERSISTANTE DES JÉSUITES ET AUTRES ORDRES RELIGIEUX · texte numérisé non relu

RÉVOLTE PERSISTANTE DES JÉSUITES ET AUTRES ORDRES RELIGIEUX

catholiques zélés ; digne de mort, comme Henri IE, pour les fanatiques sanguinaires que la Ligue avait prêchés et pervertis depuis cinq ans. De plus la vie du prince, tout l’ordre politique et civil de la France, dépendaient de la décision d’un souverain étranger. Ces doctrines subversives, entretenues au sein des populations par les prédications de ces quatre ordres religieux, surtout des Jésuites, par l’autorité de leur caractère, par leur action dans le confessionnal, contribuèrent puissamment à soutenir la Ligue dans le bas Maine, dans quelques districts de la Bourgogne, dans les parties de la Provence, du Languedoc, de la Bretagne qui suivaient le parti de l’Union. En outre elles produisirent bientôt de nouveaux crimes, qui compromettaient les destinées de la nation, en la déshonorant aux yeux de l’Europe entière !.

Henri ne pouvait conjurer ces périls qu’en faisant valider son abjuration et son autorité par le pape, en obtenant d’être relevé par le St-Siége, auprès de ceux pour lesquels la première loi religieuse, et mème politique, étaient les décisions de la cour de Rome. Dès Le mois d’octobre de l’année précédente, il avait envoyé le duc de Nevers en ambassade au pape, pour lui rendre obédience et solliciter l’absolution. Clément VIIL, comme ses prédécesseurs, avait été porté au St-Siége par la toute-puissance à

1 Thuanus, 1. cix, $ 7, t. v, p. 357. « Ex sacro ordine soli in urbe » restabant Jesuiticæ scholæ sodales, ac novi in Gallia franciscani ca- » pucini, qui se jurisdictioni regiæ exemptos credentes, pontificis » auctoritatem expectandam aiebant; interimque preces pro rege fa- » cere aut ei fidem tanquam principi legitimo addicere recusabant. » — L. vin, $ 13, t. v, p. 305. «nvidia in Jesuitas renovata, qui non » solum hujus belli exitialis incentores primi fuissent, sed etiam sacro- » sancta principum corpora, sive profanis concionibus, sive pravæ doc- » trinæ veneno, clain per confessiones secrelas in furentium animos » instillato, ad cœdem promiscuam exposuisse jactabantur. » — Pour les Minimes et les Chartreux et l’action de ces ordres religieux dans

quelques provinces, voir la Lettre missive du roi du 30 avril 1595, t. 1V, p. 349, et Mezeray, Gr. histoire, t. 111, p. 1146.

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