FRANÇOIS D'O : VIOLENCE DES CATHOLIQUES ARDENTS
le forcer dans sa conscience. Ils lui déclarèrent que le moment était venu pour lui de choisir entre les misères d’un roi de Navarre et la haute fortune d’un roi de France, et d’abjurer, s’il prétendait à leur suffrage et à la couronne ; car, à leur sens, l’avénement d’un roi huguenot mettait en danger la religion de leurs pères. Cette sommation religieuse lui fut adressée par Francois d’O, l’un des mienons de Henri IE, et l’un des déprédateurs les plus éhontés de ce temps. Toutefois elle n’étonna et n’égaya personne, parce qu’à la question religieuse, d’O joignit un grand intérêt politique : 11 demanda formellement le monopole des charges et des honneurs pour les seigneurs catholiques à l’exclusion des huguenots. Henri refusa d'abandonner sa croyance : par cette fermeté, il échappa à une abjuration forcée et immédiate, qui l’eüt déshonoré et perdu dans l'opinion publique, et qui lui eüt donné en même temps pour ennemis les réformés de la France et de l’Europe entière. Mais 1l essaya vainement de ramener les catholiques ardents. Vainement opposant l'intérêt à l'intérêt, 1l leur montra qu’ils devaient éviter de sévir contre les calvinistes et de jeter ainsi la division dans l’armée royale, dans le parti royal, qui protégeaient seuls contre la Ligue leurs priviléges, leurs biens et leur vie. Ils persistaient opiniâtrement, et déjà on en venait aux aigres propos et aux menaces dans un camp où le dernier exemple donné était celui d’un roi assassiné ?.
1 D'Aubigué, L. 11, c. 23, t. 111, p. 186. Discours de d’O à Henri IV : « On désire que vous ne donniez pas les clefs de nos vies et de nos » honneurs entre les mains de ceux que nous avons offensés par de » là l’espoir de la réconciliation. Si les huguenots sont devenus plus » ambitieux que leurs prédécesseurs, il ne sera pas malaisé de les » guérir de cette maladie. » — I. ut, €. 1, p. 217 : « Les réformez » ayant appris de d'O mesme qu’il n’y avait ni secours, ni bienfaits » pour eux, et les catholiques plus passionnez leur ayant faict savoir
» entre les clauses promises celle qui les privoit des bienfaits et hon- ». neurs du royaume. »