‹ Histoire du règne de Henri IV (volume 3)Chapitre 580 sur 636 · LIV. IV. CH. V. CATILLONAIS, FRANCS-MUSEAUX, CHATEAU-VERTS · texte numérisé non relu

LIV. IV. CH. V. CATILLONAIS, FRANCS-MUSEAUX, CHATEAU-VERTS

versité, le collége royal, les curés de Paris, le barreau, une partie du Parlement s’émeuvent de ce danger. L'Université et les curés repreñnent le procès intenté trente ans auparavant à la société de Jésus. Plaidoyers des deux avocats les plus célèbres du temps, Antoine Arnauld et Louis Dollé. Principales accusations contre les Jésuites. Appréciation de cette défense en elle-même et par les faits et les écrits émanés postérieurement des Jésuites. Leurs actives menées. Ils obtiennent du Parlement un arrêt qui ajourne de nouveau le jugement du fond de la cause, et leur adjuge, pendant cet ajournement indéfini, la possession d'état et tous les avantages qu’ils ont obtenus jusqu'alors. Vives réclamations du président Augustin de Thou. — Jean Ckhastel, élève des Jésuites, essaye detuer le roi et le blesse (27 décempre 1594), Indignation générale contre ces pères : le roi et le Parlement ne parviennent qu’avec peine à les soustraire à la colère du peuple. Procès de Chastel : ses dépositions à la charge des Jé-

suites, leurs doctrines et leurs pratiques. Arrêt du Pariement condamnant Chastel à la peine des parricides, et les Jésuites à l'expulsion comme corrupteurs de la jeunesse : mesures prises contre la propagation de leurs doctrines (29 décembre). Condamnation du père de Chastel au bannissement, à l'amende, à la destruction de sa maison : la pyramide, inscriptions qu’on y grave. Ecrits odieux trouvés en la possession du père Guignard : i] est condamné à étre pendu (7 janvier 1595), Les pères Gueret ei Hay condamnés au bannissement: vertissement aux Catholiques, publié par les Jésuites à Douai et autres vitles de Flandre, après leur expulsion, et contenant l'expression de leurs véritables doctrines; leurs principes en ce quiconcerne le gouvernement et la société civile. Is sont bannis du ressort des Parlements de Paris, de Normandie et de Bourgogne, et se maintiennent dans Je ressort des Parlemerts de Toulouseet de Bordeaux. — Célèbre déclaration du elergé de Paris pour la sauvegarde de la vie et de l'autorité du roi contre les attaques persistantes des Jésuites et d’une partie du clergé (18 février 1595). Tentatives ultérieures de régicide : ce que le Parlement et le clergé de Paris purent prévenir; ce qu ils ne purent empêcher, — Résultats desefforts du roi et des peuples depuis la conversion de Henri: le corps de la monarchie et l’unité du territoire reconstitués en PHARE Prix auquel les chefs de la Ligue mirent tous leur soumission.

Tandis que la France pouvait entrevoir ainsi la fin de la guerre civile et religieuse, elle fut menacée d’une guerre sociale, d’une nouvelle Jacquerie. Dans cette société profondément malade, les dangers menaçant jusqu’à l’existence de l'État, se succédaient sans interruption lun à l’autre. Un soulèvement général des paysans, non pas seulement contre l'odieux régime auquel étaient soumises les campagnes, depuis que l’action du gouvernement y avait cessé, mais contre tout l’ordre de choses existant, non pas seulement contre les classes privilégiées, mais contre les agents de l'autorité civile et militaire, contre tous les détenteurs de la force publique, contre une partie de la

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