‹ Histoire du règne de Henri IV (volume 3)Chapitre 582 sur 636 · LIV. 1V. CH. V. MISÉRABLE CONDITION DES PAYSANS DANS LE MIDI · texte numérisé non relu

LIV. 1V. CH. V. MISÉRABLE CONDITION DES PAYSANS DANS LE MIDI

vers Saint-Yrieix la Perche, ou de ce qu'ils désignèrent par le mot de eroquants, c’est-à-dire de mangeurs, les nobles qui leur renvoyèrent ce sobriquet ".

La condition du peuple des campagnes dans une portion des provinces du midi était intolérable. Le roi avait été jusqu'alors impuissant à réprimer ces désordres. Obligé avant tout de maintenir son parti, le parti national, ayant besoin de tout le monde, 11 s’était vu contraint de ménager ses serviteurs pour n’avoir pas de défectionnaires, alors même que ses partisans abusaient de leur pouvoir. Au lieu de se livrer au gouvernement intérieur, il avait été tout occupé de la guerre contre la Ligue, l’'Espagne, les coalisés de l'Espagne. Une partie considérable des pays du Midi n’avait pas reconnu jusqu'alors ses lois. On à vu au précédent chapitre que les villes capitales de ces pays, Périgueux et Sarlat en Périgord, Rodez dans le Rouergue, Agen dans l’Agenois, ne se déclarèrent pour lui qu'aux mois d'avril et de mai 1594, et 1l comptait luimême, à la même époque, que dans la Guyenne et le Languedoc plus de quatre-vingts villes n’avaient pas en core fait leur soumission ?.

Le peuple acquittait double impôt, l’un levé au nom du roi, l’autre exigé par Montpezat, Pompadour, Rastignac, Saint-Chamant, La Chapelle-Biron, le baron de Gimel, qui soutenaient encore la Ligue dans ces pays. Au-delà des impôts, les agents du fisc, trésoriers et collecteurs, t1raient des contribuables d’autres sommes par les concussions. Ce que les paysans payaient aux deux partis, formait à peine la moitié de ce qu’on leur extorquait, et ils

1 D'Aubigné, t. 11, 1. 1v, €. 14, p. 382. — P. Cayet, Chron. nov. 1. vi, p. 574.

2? Dans sa lettre du 8 mai 1594, t. 1V, p. 151, Henri dit, en parlant de la soumission de Joyeuse, qu’il espère prématurément à cette époque : « Geste reduction amene à «mon obéissance plus de quatre vingts » villes de mon pays de Languedoc ou de la Guyenne. »

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