LIV. IV. EH. V. LEUR REQUÊTE AU CONSEIL : RÉPONSE DU CONSEIL
tôt après entreprendre le siége de Laon. En partant, il manda aux gouverneurs qu’il allait envoyer des commissaires dans les provinces du midi pour faire Justice aux paysans «et leur offrir de sa part toute douceur et grà- » ces !, » Il laissa des instructions dans cet esprit à son Conseil, qui se conforma à ses sages et clémentes intentions. La députation des Croquants fut admise au Conseil d'Etat le dimanche avant la Pentecôte de cette année, c’est-àdire le 22 mai, et présenta leurs plaintes et leur requête. Leur requête contenait quatre demandes principales : la suppression d’un nombre d'officiers superflus, et principalement de ceux qui mamiaient-les deniers du roi; la permission d’élire un syndic pris parmi les habitants du plat pays, et de tenir les champs pour courir sus aux ennemis du roi et les contraindre de se soumettre à son obéissance; le pardon pour avoir fait des assemblées avec armes; le rabais des tailles. Sur la première demande, le Conseil répondit que Sa Majesté y pourvoierait. Il repoussa la seconde qui aurait alimenté le soulèvement, sans qu’on pût s’assurer que les insurgés abattissent la Ligue. Il accorda et entérina le pardon qu’ils demandaient pour avoir fait des assemblées en armes, sous la condition qu’ils les poseralent avant la Saint-Jean prochaine, qui tombait le 24 juin. Il ordonna en leur faveur la surséance des tailles pour l’année courante, avec l’expectative d’être traités comme les habitants de Périgueux venaient de l’être, ense soumettant comme eux, et d'obtenir la remise des tailles arriérées ?. Il leur députa le conseiller d'Etat Boissize avec charge de les entendre, de discuter avec eux leurs plaintes, et d’aviser aux plus sûrs et aux plus prompts moyens de redresser leurs griefs. C’étaient autant d'offres
1 Lestoile p. 237 B. — Lettre du roi à M. de Bourdeille du 11 mai, LIv, p.156.
? Lettre du roi du 11 mai, p. 155.